DI 8 EXPOSITION
Oa a tiré un parti très - avantageux, de ces variétés dans ladispersion de la lumière à travers des lentilles de différentes espècesde verre, pour détruire les couleurs dont les objets paraissentenvironnés dans les lunettes ordinaires ; ce qui a procuré unegrande perfection à ces instrumens si utiles à l’Astronomie.
. Les lois précédentes du mouvement de ialumière, se modifient dansles cristaux diaphanes, etla lumière y présente un singulier phénomènequi fut d’abord observé dans le cristal d’Islande . Un rayon lumineuxqui tombe perpendiculairement sur une face d’un rhomboïde naturelde ce cristal, se divise en deux faisceaux : l’un traverse le cristalsans changer sa direction : l’autre s’en ccarte dans un plan parallèleau plan mené perpendiculairement à la face, par la ligne qui jointles deux angles solides obtus de ce rhomboïde, et qui, par consé-quent, est également inclinée , aux côtés de ces angles. Cette ligneest ce que l’on nomme axe du cristal, et l’on appelle section principaled’une face naturelle ou artificielle, un plan mené par cet axe,perpendiculairement à la face, et tout plan qui lui est parallèle.
La division du rayon lumineux a lieu relativement à une incidencequelconque; une partie suit la loi de la réfraction ordinaire; l’autrepartie suit une loi reconnue par Huyghens , et qui, considéréecomme un résultat de l’expérience, peut être mise au rang desplus belles découvertes de ce rare génie. Il y fut conduit par lamanière ingénieuse dont il envisageait la propagation de la lumièrequ’il concevoit formée des ondulations d’un fluide éthéré.Il supposaitdans les milieux diaphanes non cristallisés, la vitesse de cesondulations, plus petite que dans le vide, et la même dans tousles sens. Mais dans le cristal d’Islande , il imaginait deux espècesd’ondulations. La vitesse de la première était représentée commedans les milieux non cristallisés, par les rayons d’une sphère dontle centre serait au point d’incidence du rayon lumineux, sur laface du cristal : la vitesse de la seconde était variable et représentéepar les rayons d’un ellipsoïde de révolution, aplati à ses pôles,ayant le même centre que la sphère précédente, et dont l’axe derévolution serait parallèle à l’axe du cristal. Huyghens n’assignaitpoint la cause de cette variété d’ondulations ; et les phénomènessinguliers qu’offre la lumière en passant d’un cristal dans un autre,