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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 519

et dont nous parlerons ci-après, sont inexplicables dans sonhypothèse. Cela joint aux difficultés que présente la théorie desondes lumineuses, est la cause pour laquelle Newton et la plupartdes Géomètres qui l’ont suivi, n’ont pas justement apprécié la loiqu’lîuyghens y avait attachée. Ainsi cette loi a éprouvé le mêmesort que les belles lois de Kepler, qui furent long-temps méconnues,pour avoir été associées à des idées systématiques dont malheu-reusement ce grand homme a rempli tous ses ouvrages. CependantIluyghens avait vérifié sa loi par un grand nombre d’expériences.L’excellent physicien Wollaston ayant fait par un moyen fortingénieux, diverses expériences sur la double réfraction du cristald’Islande ; il les a trouvées conformes à cette loi remarquable.Enfin, Malus vient de faire à cet égard, une'suite nombreused’expériences très-précises, sur les faces naturelles et artificiellesde ce cristal; et il a constamment observé entre elles et la loid’Huyghens, le plus parfait accord. On ne doit donc pas balancerà la mettre au nombre des plus certains, comme des plus beauxrésultats de la physique. Des expériences directes ont fait voir àMalus, qffielle s’étend au cristal de roche.

Voici maintenant un phénomène que la lumière présente aprèsavoir subi une double réfraction. Si l’on place à une distancequelconque au-dessous d’un cristal, un second cristal de la mêmematière ou d’une matière différente, et disposé de manière queles sections principales des faces opposées des deux cristaux soientparallèles; le rayon réfracté, soit ordinairement, soit extraordi-nairement par le pi’emier, le sera de la même manière, par lesecond; mais si l’on fait tourner l’un des distaux, ensorte que lessections principales soient perpendiculaires entre elles, alors lerayon réfracté ordinairement par le premier cristal, le seraextraordinairement par le second, et réciproquement. Dans lespositions intermédiaires, chaque rayon émergent du premier cristalse divisera à son entrée dans le second cristal, en deux faisceauxdont les intensités respectives paraissent être comme les carrésdu sinus et du cosinus de l’angle que les sections principales fontentre elles. Lorsqu’on eut fait remarquer à Huyghens , ce phénomènedans le cristal d’Islande ; il convint avec la candeur qui caractérise