DU SYSTÈME DU MONDE. 327
sur ce point de physique, important à l’Astronomie , en ce qu’ilprouve la justesse des formules de l’aberration des astres.
La vitesse de la lumière des étoiles, n’est pas, relativement à unobservateur, la même dans tous les points de l’orbe terrestre. Elleest la plus grande, lorsque son mouvement est contraire à celuidelà terre: elle est la plus petite, quand ces deux mouvemens cons-pirent. Quoique la différence qui en résulte dans la vitesse relatived’irh rayon lumineux, ne s’élève qu’à un cinq-millième environde la vitesse totale ; cependant elle peut produire des changemenssensibles dans la déviation de la lumière qui traverse un prisme.Des expériences très - précises, faites par Arago, ne les ayantpoint fait appercevoir, on doit en conclure que la vitesse relatived’un rayon lumineux homogène est constamment la même, et pro-bablement déterminée par la nature du fluide qu’il met en mouvementdans nos organes, pour produire la sensation de lumière. Cetteconséquence paraît encore indiquée par l’égalité de vitesse, de lalumière émanée des astres et des objets terrestres ; égalité quisans cela, serait inexplicable. Est-il invraisemblable de supposerque les corps lumineux lancent une infinité de rayons doués devitesses differentes ; et que les seuls rayons dont la vitesse estcomprise dans certaines limites, ont la propriété d’exciter la sen-sation de lumière , tandis que les autres ne produisent qu’unechaleur obscure? N’est-ce pas ainsi que les corps chauds deviennentlumineux, par un accroissement de chaleur ; et les belles expériencesd’Herschell sur la chaleur du spectre solaire, ne prouvent-elles pasque le soleil émet des rayons chauds invisibles, dont plusieursmoins réfrangibles que les rayons rouges eux-mêmes, paraissentdoués d’une plus grande vitesse ?
Les phénomènes de la double réfraction et de l’aberration desétoiles, me paraissent donner au système de l’émission de lalumière, sinon une certitude entière, au moins une extrême pro-babilité. Ces phénomènes sont inexplicables dans l’hypothèse desondulations d’un fluide éthéré. La propriété singulière d’un rayonpolarisé par un cristal, de ne plus se partager en passant dans unsecond cristal parallèle au premier, indique évidemment, desactions différentes d’un même cristal, sur les diverses faces d’une