5 2 3 EXPOSITION
molécule de lumière, dont les mouvemens sont, comme on l’avu, soumis aux lois générales du mouvement des projectiles.
Descartes est le premier qui ait publié la vraie loi de la réfractionordinaire, que Kepler et d’autres physiciens avaient inutilementcherchée. Huyghens affirme dans sa Dioptrique, qu’il a vu cetteloi présentée sous une autre forme, dans un manuscrit de Suellius,qu’on lui a dit avoir été communiqué à Descartes , et d’où peut-être,ajoute-t-il, ce dernier a tiré le rapport constant des sinus' deréfraction et d’incidence. Mais cette réclamation tardive d’Huyghcns■en faveur de son compatriote, ne me paraît pas suffisante pourenlever à Descartes , le mérite d’une découverte que personne nelui a contestée de son vivant. Ce grand Géomètre l’a déduite deces deux propositions ; l’une, que la vitesse de la lumière parallèleà la surface d’incidence, n’est altérée ni par la réflexion, ni parla réfraction ; l’autre, que la vitesse est differente dans les diversmilieux diaphanes, et plus grande dans ceux qui réfractent plus ,la lumière. Descartes en a conclu que si dans le passage d’unmilieu dans un autre moins réfringent, l’inclinaison du rayonlumineux est telle que l’expression du sinus de réfraction soit égaleou plus grande que l’unité ; alors la réfraction se change en réflexion,les deux angles de réflexion et d’incidence étant égaux. Tous cesrésultats sont conformes à la nature; mais les preuves que Descartes en a données, sont inexactes, et il est assez remarquable qu’Huyghens et lui soient parvenus au moyen de théories incertaines ou fausses,aux véritables lois de la réfraction de la lumière. Descartes eut à cesujet avecFermat,unelonguequerelleque les Cartésiens prolongèrentaprès sa mort, et qui fournit à Fermât , l’occasion heureuse d’appli-quer sa belle méthode de maximis et minimis, aux expressions radi-cales. En considérant cet objet sous un point de vue métaphysique,il chercha la loi de la réfraction, par le principe que nous avonsexposé précédemment, et il fut très-surpris d’arriver à celle deDescartes . Mais ayant trouvé que pour satisfaire à son principe, lavitesse de la lumière devait être plus petite dans les milieux diaphanes,que dans le vide, pendant que Descartes la faisait plus grande, cequi lui paraissait invraisemblable ; il se confirma dans la pensée,que la démonstration de ce grand Géomètre était fautive.