33a EXPOSITION
air; par conséquent, ils ne dépendent point de la pression del’atmosphère; ils ne peuvent donc résulter que de l’attraction desmolécules liquides les unes par les autres et par les parois qui lesrenferment.
L’épaisseur plus ou moins grande des parois, n’a aucune influencesensible sur ces phénomènes : l’élévation et la dépression desliquides dans les tubes capillaires sont toujours les mêmes, quelleque soit cette épaisseur, pourvu que les diamètres intérieurs soientégaux. Les couches cylindriques qui sont à une distance sensiblede la surface intérieure, ne contribuent donc point à l’ascensiondu liquide; quoique dans chacune d’elles, prise séparément, ildoive s’élever au-dessus du niveau. Il est naturel de penser queleur action n’est point empêchée par l’interposition des couchesqu’elles embrassent, et que les attractions de ce genre se transmettentà travers les corps, ainsi que la pesanteur; l’action des couchessensiblement éloignées de la surface intérieure du tube, ne disparaîtdonc qu’à raison de leur distance au liquide ; d’où il suit que l’actiondes corps sur les liquides, comme sur la lumière, n’est sensiblequ’à des distances insensibles.
Mais la force attractive agit d’une manière bien différente dansla production des phénomènes capillaires, et dans la réfraction de,1a lumière. Ce dernier phénomène est du à l’action entière des-niilieux diaphanes ; et lorsqu’ils sont terminés par des surfacescourbes, on peut, comme on l’a vu, négliger l’action du ménisqueque retranche un plan tangent à ces surfaces ; au lieu que lesphénomènes capillaires sont produits par l’action de ce ménisque.En effet, si par l’axe d’un tube de verre, plongeant verticalementdans un vase plein d’eau, on imagine un canal infiniment étroitqui se recourbant au-dessous du tube, aille aboutir loin de ce tube,à la surface de l’eau du vase; l’action de l’eau du tube, sur l’eauque contient ce canal, sera moindre que l’action de l’eau du vase,sur celle que renferme l’autre extrémité du canal : la différencesera l’action du ménisque aqueux, que retrancherait un plan tangentau point le plus bas de la surface de l’eau du tube ; action quiîend évidemment à soulever le liquide du canal, et à le maintenirsuspendu en équilibre au-dessus du niveau. Il était donc nécessaire