DU SYSTÈME DU MONDE. 54g
On peut balancer ces actions du liquide sur lui-même, par lepropre poids de la colonne, et la tenir suspendue en équilibre,en inclinant l’axe du tube, à l’horizon. Un calcul fort simple faitvoir que si la longueur de la colonne est peu considérable, et sile tube est fort étroit, le sinus de l’inclinaison de l’axe à l’horizon,dans le cas de l’équilibre, est à fort peu près en raison inversedu carré de la distance du milieu de la colonne au sommet ducône 5 et qu’il est égal à une fraction dont le dénominateur estcette distance, et dont le numérateur est la hauteur à laquelle leliquide s’élèverait dans un tube cylindrique dont le diamètre seraitcelui du cône, au milieu de la colonne. Des résultats semblablesont lieu pour une goutte liquide placée entre deux plans qui setouchent par leurs bords supposés horizontaux, en formant entreeux, un angle égal à l’angle formé par l’axe du cône, et ses côtés jl’inclinaison à l’horizon, du plan qui divise également l’angle formépar les plans, doit être la même que celle de l’axe du cône,pour que la goutte reste en équilibre. Les expériences que l’on afaites sur cet objet, confirment ces résultats de la théorie.
La figure des liquides compris entre des plans qui font entre euxdes angles quelconques ; celles des gouttes liquides s’appuyant surun plan ; l’écoulement des liquides par des syphons capillaires, etbeaucoup d’autres phénomènes semblables, ont été soumis commeles précédens, à l’analyse..L’accord de ses résultats avec l’expérience,prouve d’une manière incontestable, l’existence dans tous les corps,d’une attraction moléculaire décroissante avec une extrême rapidité,et qui modifiée dans les liquides, par la figure des espaces étroitsqui les renferment, produit tous les phénomènes de la capillarité.
Ces phénomènes étant ramenés à une théorie mathématique, ilétait nécessaire pour la comparer exactement avec la nature, d’avoirsur cet objet, une suite d’expériences très-précises. Le besoin desemblables expériences se fait sentir à mesure que la physique, ense perfectionnant, rentre dans le domaine de l’analyse. On peutalors, par leur comparaison avec les théories, élever celle-ci, auplus haut degré de certitude dont les sciences physiques soientsusceptibles. Les expériences que Gay-Lussac a bien voulu faireà ma prière, sur les effets de la capillarité, et auxquelles il a su