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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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55o EXPOSITION

donner toute lexactitude des observations astronomiques, ont pro-curé cet avantage, à la théorie que nous venons dexposer.

Quand on est parvenu à la véritable cause des phénomènes, ilest curieux de porter la vue en arrière, et de considérer jusquàquel point les hypothèses imaginées pour les expliquer, sen rap-prochent. Newton sest beaucoup étendu sur les phénomènes capil-laires dans les questions qui terminent son Optique ; il a très-bienvu quils dépendent de forces attractives décroissantes avec uneextrême rapidité, par la distance ; et ce quil dit sur les affinitéschimiques quelles produisent, est très-remarquable pour son temps,et a été confirmé en grande partie, par les travaux des chimistesmodernes ; mais ce grand Géomètre na point donné de méthodepour soumettre au calcul, les effets capillaires de ces forces. Jurina depuis essayé de ramener à un principe général, lascension desliquides dans des tubes très-étroits. Il attribue celle de leau dansun tube de verre, à lattraction de la partie annulaire du tube àlaquelle leau est contiguë ; « car, dit-il, cest seulement de cette» partie du tube, que leau doit séloigner en sabaissant ; elle est» par conséquent la seule qui, par la force de son attraction,» soppose à sa descente. Cette cause est proportionnelle à son effet,» puisque cette circonférence et la colonne deau suspendue sont» toutes deux proportionnelles au diamètre du tube. » Mais on nedoit employer le principe de la proportionnalité des effets aux causes,que lorsquelles sont premières, et non quand elles sont des résultatsde causes premières. Ainsi en admettant même que le seul anneaude verre, adhérent à la surface de leau, est la cause de lélévationde ce liquide, on ne doit pas en conclure que le poids élevé doit êtreproportionnel à son diamètre; parce quon ne peut connaître laforce de cet anneau, quen sommant celle de toutes ses parties.Clairaut qui a examiné cet objet, dans sa Théorie de la figure laTerre, substitue à lhypothèse de Jurin, une analyse exacte detoutes les forces qui tiennent une colonne deau suspendue en équi-libre , dans un canal infiniment étroit passant par laxe du tube.Mais il na pas expliqué le principal phénomène capillaire, celui delascension et de la dépression des liquides , en raison inverse dudiamètre intérieur des tubes très-étroits : il se contente dobserver,