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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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368 EXPOSITION

indiquent quelles sont postérieures à cet astronome; car on a ynque ces trois mouvemens saccélèrent de siècle en siècle. Cependant,lantique réputation des Indiens ne permet pas de douter quilsaient dans tous les temps, cultivé lAstronomie . Lorsque les Grecset les Arabes commencèrent à se livrer aux sciences 5 ils allèrenten puiser chez eux, les premiers élémens. Cest de lInde quenous vient lingénieuse méthode dexprimer tous les nombres avecdix caractères, en leur donnant à-la-fois, une valeur absolue etune valeur de position ; idée fine et importante, qui nous paraîtmaintenant si simple, que nous en sentons à peine, le mérite. Maiscette simplicité même, et lextrême facilité qui en résulte pourtous les calculs, placent notre système darithmétique, au premierrang des inventions utiles; et lon appréciera la difficulté dy parvenir,si lon considère quil a échappé au génie dArchimède et dAppol-lonius, deux des plus grands hommes dont lantiquité shonore.

Les Grecs nont commencé à cultiver lAstronomie , que long-temps après les Égyptiens dont ils ont été les disciples. Il estdifficile, à travers les fables qui remplissent les premiers sièclesde leur histoire, de démêler leurs connaissances astronomiques.Il paraît seulement quils avaient partagé le ciel en constellations,treize ou quatorze siècles avant lère chrétienne; car cest à cetteépoque , que la sphère dEudoxc doit être rapportée. Leursnombreuses écoles offrent très-peu dobservateurs avant celledAlexandrie : ils y traitèrent lAstronomie , comme une sciencepurement spéculative, et en se livrant à de frivoles conjectures.Il est singulier quà la vue de cette foule de systèmes qui sccombattaient sans rien apprendre, la réflexion très-simple, que leseul moyen de connaître la nature, est de linterroger par lexpé-rience, ait échappé à tant de philosophes dont plusieurs étaientdoués dun rare génie. Mais on en sera moins étonné, si lonconsidère que les premières observations ne présentant que desfaits isolés et sans attrait pour limagination impatiente de remonteraux causes ; elles ont se succéder avec une extrême lenteur. Ila fallu quune longue suite de siècles les accumulât en assez grandnombre, pour découvrir entre les phénomènes, des rapports quisétendant de plus en plus, réunissent à lintérêt de la vérité,