5 76 EXPOSITION
content de ce que l’on avait fait jusqu’alors, Hipparque voulut toutrecommencer et n’admettre que des résultats fondés sur une nou-velle discussion des observations, ou sur des observations nouvellesplus exactes que celles de ses prédécesseurs. Rien ne fait mieuxconnaître l’incertitude des observations égyptiennes et chaldéennessur le soleil et les étoiles, que la nécessité où il se trouva, d’employercelles des premiers Astronomes d’Alexandrie , pour établir sesthéories du soleil et de la précession des équinoxes. Il détermina ladurée de l’année tropique, en comparant une de ses observationsdu solstice d’été , avec celle d’un pareil solstice, qu’Aristarque avaitfaite dans l’année 281 avant notre ère. Cette durée lui parut un peumoindre que l’année de 565 i- f- adoptée jusqu’alors, et il trouva qu’àla fin de trois siècles, il fallait retrancher un jour. Mais il remarqualui-même le peu d’exactitude d’une détermination fondée sur lesobservations des solstices, et l’avantage de se servir pour cet objet,des observations des équinoxes. Celles qu’il fit dans un intervalle detrente-trois ans, le conduisirent à peu près au même résultat.Hipparque reconnut encore que les deux intervalles d’un équinoxeà-T’autre, étaient inégaux entre eux, et inégalement partagés parlessolstices, de manière qu’il s’écoulait quatre-vingt-quatorze jours etdemi, de l’équinoxe du printemps au solstice d’été, et quatre-vingt-douze jours et demi, de ce solstice à l’équinoxe d’automne.
Pour expliquer ces différences, Hipparque fit mouvoir le soleil. uniformément dans un orbe circulaire ; mais au lieu de placer laterre à son centre, il l’en éloigna de la vingt-quatrième partie durayon, et il fixa l’apogée au sixième degré des Gémeaux. Avec cesdonnées, il forma les premières Tables du soleil, dont il soit faitmention dans l’histoire deVAstronomie. L’équation du centre, qu’ellessupposent, était trop grande : on peut croire avec beaucoup de vrai-semblance, que la comparaison des éclipses dans lesquelles cetteéquation paraît augmentée de l’équation annuelle de la lune, aconfirmé Hipparque dans son erreur, et peut-être même l’a produite ;car Gette erreur qui surpassait un sixième de la valeur entière del’équation, se réduisait au seizième de cette valeur, dans le calculde ces phénomènes. Il se trompait encore en supposant circulaire,l’orbe elliptique du soleil, et en regardant comme uniforme, la