DU SYSTÈME DU MONDE. 5 77
Vitesse réelle de cet astre. Nous sommes assurés aujourd’hui ducontraire, par les mesures de son diamètre apparent ; mais ce genred’observations était impossible au temps d’Hipparque , et ses Tablesdu soleil, malgré leur imperfection, sont un monument durable deson génie, que Ptolémée respecta au point d’y assujétir ses propresobservations.
Ce grand Astronome considéra ensuite les mouvemens de la lune.Il détermina par la comparaison d’un très-grand nombre d’éclipseschoisies dans les circonstances les plus favorables, les durées de sesrévolutions relativement aux étoiles, au soleil, à ses nœuds et à sonapogée. Le résultat auquel il parvint, est peut-être le plus précieuxde l’ancienne Astronomie , par son exactitude, et parce qu’il représenteà cette époque, la durée sans cesse variable de ces révolutions (Note IV).Ilipparque détermina encore, l’excentricité de l’orbe lunaire et soninclinaison à l’écliptique ■ et il les trouva les mêmes à très-peu prèsque celles qui ont lieu maintenant dans les éclipses où l’on saitque l’un et l’autre de ces élémens, sont diminués par l’évection etpar la grande inégalité du mouvement de la lune en latitude. Laconstance de l’inclinaison de l’orbe lunaire au plan de l’écliptique ,malgré les variations que ce plan éprouve par rapport aux étoiles,et qui par les observations anciennes, sont sensibles sur son obli-quité à l’équateur, est comme on l’a vu dans le quatrième livre, unrésultat de la pesanteur universelle, que confirment les observationsd’Hipparque (*). Enfin il détermina la parallaxe de la lune, dontil essaya de conclure celle du soleil, par la largeur du cône d’ombre
(*) Kepler a remarqué cette constance, à la fin de son Epitome de l’Astronomiecopernicienne ; mais il la fonde sur une considération très-singulière, u II convient,si dit-il, que la lune, planète secondaire et satellite de la terre , ait une inclinaison« constante sur l’orbe terrestre, quelques variations que ce plan éprouve dansn sa position relative aux étoiles ; et si les observations anciennes sur les plusa grandes latitudes de la lune et sur l’obliquité de l’écliptique , se refusaient à cetten hypothèse, il faudrait plutôt que de la rejeter, les révoquer en doute. » Iciles raisons de convenance et d’harmonie , ont conduit Kepler à un résultat juste ;mais combien de fois ne font-elles pas égaré ? En se livrant ainsi à son imaginationet à l’esprit de conjectures , on peut rencontrer la vérité par un heureux hasard ;mais l’impossibilité de la reconnaître au milieu des erreurs dont elle est presque
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