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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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4o4 EXPOSITION

de reconnaître dans le système des satellites de Jupiter , et quisétend à tous les systèmes de satellites.

Après avoir déterminé la courbe que les planètes décriventautour du soleil, et découvert les lois de leurs mouvemens; Keplerétait trop près du principe dont ces lois dérivent, pour ne pas lepressentir. La recherche de ce principe exerça souvent son imagi-nation active; mais le moment nétait pas venu, de faire ce dernierpas qui supposait linvention de la dynamique et de lanalyseinfinitésimale. Loin dapprocher du but, Kepler sen écarta parde vaines spéculations sur la cause motrice des planètes. Il supposaitau soleil, un mouvement de rotation sur un axe perpendiculaireà lécliptique : des espèces immatérielles émanées de cet astre dansle plan de son équateur, douées dune activité décroissante enraison des distances, et conservant leur mouvement primitif derévolution, faisaient participer chaque planète, à ce mouvementcirculaire. En même temps, la planète par une sorte dinstinct oude magnétisme, sapprochait et séloignait alternativement du soleil,sélevait au-dessus de léquateur solaire, et sabaissait au-dessous,de manière à décrire une ellipse toujours située dans un mêmeplan passant par le centre du soleil. Au milieu de ces nombreuxécarts, Kepler fut cependant conduit à des vues saines, sur lagravitation universelle, dans lintroduction de louvrage De StellaMartis, il présenta ses principales découvertes.

cc La gravité, dit-il, nest quune affection corporelle et mutuelle7) entre les corps, par laquelle ils tendent à sunir.

» La pesanteur des corps nest point dirigée vers le centre du» monde, mais vers celui du corps rond dont ils font partie; et si la» terre nétait point sphérique, les graves placés sur les divers points» de sa surface, ne tomberaient point vers un même centre.

» Deux corps isolés se porteraient lun vers lautre, commey> deux aimans, en parcourant pour se joindre, des espaces réci-y> proques à leurs masses. Si la terre et la lune nétaient pas retenues» à la distance qui les sépare, par une force animale, ou pary> quelque autre force équivalente , elles tomberaient lune sur» lautre, la lune faisant les f-f du chemin, et la terre faisant le reste,» en les supposant également denses.