4i4 EXPOSITION
examen sévère, et son système des tourbillons, accueilli d’abordavec enthousiasme, ne résista pas long-temps aux vérités nouvellesqui lui furent opposées.
Il était réservé à Newton, de nous faire connaître le principegénéral des mouvemens célestes. La nature, en le douant d’unprofond génie, prit encore soin de le placer à l’époque la plusfavorable. Descartes avait changé la face des sciences mathéma-tiques, par l’application féconde de l’algèbre à la théorie des courbeset des fonctions variables : Fermât avait posé les fondemens de lagéométrie de l’infini, par sa belle méthode de maximis etminimis,et des tangentes : Wallis, Wren et Huyghens venaient de trouverles lois du mouvement : les découvertes de Galilée sur la chute desgraves, et celles d’Huyghens sur les développées et sur la forcecentrifuge, conduisaient à la théorie du mouvement dans les courbes :Kepler avait déterminé celles que décrivent les planètes, et entrevula gravitation universelle : enfin, Hook avait très-bien vu que leursmouvemens sont le résultat d’une force primitive de projection,combinée avec la force attractive du soleil. La Mécanique célesten’attendait ainsi pour éclore, qu’un homme de génie qui en géné-ralisant ces découvertes, sût en tirer la loi de la pesanteur. C’estce que Newton exécuta dans son immortel ouvrage des Principes mathématiques de la Philosophie naturelle .
Cet homme célèbre à tant de titres, naquit à Woolstropp enAngleterre, sur la fin de i 642 , l’année même de la mort de Galilée .Ses premières études en mathématiques, annoncèrent ce qu’il seraitun jour : une lecture rapide des livres élémentaires lui suffit pourles entendre : il parcourut ensuite la Géométrie de Descartes ,l’Optique de Kepler et l’Arithmétique des infinis de Wallis ; ets’élevant bientôt à des inventions nouvelles, il fut avant l’âge devingt-sept ans, en possession de son Calcul des fluxions, et de saThéorie de la lumière. Jaloux de son repos, et redoutant les que-relles littéraires , qu’il eût mieux évitées en publiant plutôt sesdécouvertes, il ne se pressa point de les mettre au jour. Le docteurBarrow dont il fut le disciple et l’ami, se démit en sa faveur, de laplace de professeur de mathématiques dans l’université de Cam bridge . Ce lût pendant qu’il la remplissait, que cédant aux instances