DU SYSTÈME DU MONDE. 4i 7
dans un vaisseau fermé, n’altèrent le poids du système, ni pendantni après le mélange.
En généralisant ensuite ces recherches, ce grand Géomètre fitvoir qu’un projectile peut se mouvoir dans une section coniquequelconque, en vertu d’une force dirigée vers son foyer, et réci-proque au carré des distances : il développa les diverses propriétésdu mouvement dans ce genre de courbes : il détermina les conditionsnécessaires pour que la courbe soit un cercle, une ellipse, uneparabole ou une hyperbole, conditions qui ne dépendent que de lavitesse et de la position primitive du corps. Quelles que soient, cettevitesse, cette position et la direction initiale du mouvement; Newtonassigna une section conique que le corps peut décrire, et danslaquelle il doit conséquemment se mouvoir; ce qui répond aureproche que lui fit Jean Bernoulli , de n’avoir point démontré queles sections coniques sont les seules courbes que puisse décrire uncorps sollicité par une force réciproque au carré des distances. Cesrecherches appliquées au mouvement des comètes, lui apprirentque ces astres se meuvent autour du soleil, suivant les mêmes loisque les planètes, avec la seule différence que leurs ellipses sont très-alongées ; et il donna le moyen de déterminer par les observations,les élémens de ces ellipses.
La comparaison de la grandeur des orbes des satellites et de ladurée de leurs révolutions, avec les mêmes quantités relatives auxplanètes, lui fit connaître les masses et les densités respectives dusoleil et des planètes accompagnées de satellites, et l’intensité de lapesanteur à leur surface.
En considérant que les satellites se meuvent autour de leursplanètes, à fort peu près comme si ces planètes, étaient immobiles ;il reconnut que tous ces corps obéissent à la même pesanteur versle soleil. L’égalité de l’action à la réaction, ne lui permit point dedouter que le soleil pèse vers les planètes, et celles-ci vers leurssatellites ; et même que la terre est attirée par tous les corps quipèsent sur elle. Il étendit ensuite cette propriété à toutes les partiesde la matière, et il établit en principe, que chaque molécule dematière attire toutes les autres, en raison de sa masse et réci-proquement au carré de sa *distance à la molécule attirée .
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