DU SYSTÈME DU MONDE. 455
de vitesses. Les molécules les plus distantes du soleil, et qui par leseffets du refroidissement et de la condensation, s’en sont rapprochéespour former la partie supérieure de l’anneau, ont toujours décritdes aires proportionnelles aux temps, puisque la force centrale dontelles étaient animées, a été constamment dirigée vers cet astre ; orcette constance des aires exige un accroissement de vitesse, àmesure qu’elles s’en sont rapprochées. On voit que la même causea dû diminuer la vitesse des molécules qui se sont élevées versl’anneau, pour former sa partie inférieure.
Si toutes les molécules d’un anneau de vapeurs, continuaient dese condenser sans se désunir ; elles formeraient à la longue, unanneau liquide ou solide. Mais la régularité que cette formationexige dans toutes les parties de l’anneau et dans leur refroidissement,a dû rendre ce phénomène extrêmement rare. Aussi le sytèmesolaire n’en offre-t-il qu’un seul exemple, celui des anneaux deSaturne . Presque toujours, chaque anneau de vapeurs a du serompre en plusieurs masses qui, mues avec des vitesses très-peudifférentes, ont continué de circuler à la même distance autour dusoleil. Ces masses ont dû prendre une forme sphéroïdique, avec unmouvement de rotation dirigé dans le sens de leur révolution,puisque leurs molécules inférieures avaient moins de vitesse réelleque les supérieures ; elles ont donc formé autant de planètes à l’étatde vapeurs. Mais si l’une d’elles a été assez puissante, pour réunirsuccessivement par son attraction, toutes les autres autour de soncentre; l’anneau de vapeurs aura été ainsi transformé dans une seulemasse sphéroïdique de vapeurs, circulante autour du soleil, avecune rotation dirigée dans le sens de sa révolution. Ce dernier cas aété le plus commun : cependant le système .salaire nous offre lepremier cas, dans les quatre petites.planètes qui se meuvent entreJupiter et Mars; à moins qu’on ne suppose avec Olbers , qu’ellesformaient primitivement une seule planète, qu’une forte explosiona divisée en plusieurs parties animées de vitesses différentes.
Maintenant, si nous suivons les changemens qu’un refroidisse-ment ultérieur a dû produire dans les planètes en vapeurs, dontnous venons de concevoir la formation; nous verrons naître aucentre de chacune d’elles, un noyau s’accroissant sans cesse, par