456 EXPOSITION
la condensation de l’atmosphère qui l’environne. Dans cet état, laplanète ressemblait parfaitement au soleil à l’état de nébuleuse, oùnous venons de le considérer ; le refroidissement a donc dù produireaux diverses limites de son atmosphère, des phénomènes semblablesà ceux que nous avons décrits, c’est-à-dire des anneaux et dessatellites circulant autour de son centre, dans le sens de son mou-vement de rotation, et tournant dans le même sens sur eux-mêmes.La distribution régulière de la masse des anneaux de Saturne ,autour de son centre, et dans le plan de son équateur, résultenaturellement de cette hypothèse , et sans elle, devient inexplicable :ces anneaux me paraissent être des preuves toujours subsistantesde l’extension primitive de l’atmosphère de Saturne , et de ses re-traites successives. Ainsi les phénomènes singuliers du peu d’ex-centricité des orbes des planètes et des satellites, du peu d’inclinaisonde ces orbes à l’équateur solaire, et de l’identité du sens des mouve-mens de rotation et de révolution de tous ces corps, avec celui dela rotation du soleil, découlent de l’hypothèse que nous proposons,et lui donnent une grande vraisemblance.
Si le système solaire s’était formé avec une parfaite régularité; Tesorbites des corps qui le composent, seraient des cercles dont lesplans ainsi que ceux des divers équateurs et des anneaux coïnci-deraient avec le plan de l’équateur solaire. Mais on conçoit que lesvariétés sans nombre qui ont dû exister dans la température et ladensité des diverses parties de ces grandes masses, ont produit lesexcentricités de leurs orbites, et les déviations de leurs mouvemens,du plan de cet équateur.
Dans notre hypothèse, les comètes sont étrangères au systèmeplanétaire. En attachant leur formation à celle des nébuleuses, onpeut les regarder comme de petites nébuleuses errantes de systèmesen systèmes solaires, et formées par la condensation de la matière né-buleuse répandue avec tant de profusion dans l’univers. Les comètesseraient ainsi par rapport à notre système, ce que les aérolithes sontrelativement àla terre à laquelle ils paraissent étrangers. Lorsque cesastres deviennent visibles pour nous, ils offrent une ressemblancesi parfaite avec les nébuleuses, qu’on les confond souvent avecelles; et ce n’est que par leur mouvement, ou par la connaissance