DU SYSTÈME DU MONDE. 407
de toutes les nébuleuses renfermées dans la partie du ciel où ils semontrent, qu’on parvient à les en distinguer. Cette hypothèseexplique d’une manière heureuse, la grande extension que prennentles têtes et les queues des comètes, à mesure qu’elles approchentdu soleil, et l’extrême rareté de ces queues qui, malgré leur immenseprofondeur, n’affàiblissent point sensiblement l’éclat des étoiles quel’on voit à travers.
Lorsque les petites nébuleuses parviennent dans la partie del’espace où l’attraction du soleil est prédominante , et que nousnommerons sphère d'activité de cet astre-, il les force à décrire desorbes elliptiques ou hyperboliques. Mais leur vitesse étant égalementpossible suivant toutes les directions, elles doivent se mouvoirindifféremment dans tous les sens et sous toutes les inclinaisons àl’écliptique; ce qui est conforme à ce que l’on observe. Ainsi lacondensation de la matière nébuleuse, par laquelle nous venonsd’expliquer les mouvemens de rotation et de révolution des planèteset des satellites dans le même sens et sur des plans peu dilïérens,explique également pourquoi les mouvemens des comètes s’écartentde cette loi générale.
La grande excentricité des orbes cométaires, est encore un résultatde notre hypothèse. Si ces orbes sont elliptiques, ils sont très-alongés, puisque leurs grands axes sont au moins égaux au rayonde la sphère d’activité du soleil. Mais ces orbes peuvent être hyper-boliques , et si les axes de ces hyperboles ne sont pas très-grandspar rapport à la moyenne distance du soleil à la terre, le mouvementdes comètes qui les décrivent, paraîtra sensiblement hyperbolique-Cependant, sur cent comètes dont on a déjà les éléipens, aucunen’a paru se mouvoir dans une hyperbole ; il faut^lonc que les chancesqui donnent une hyperbole sensibje, soient extrêmement rares parrapport aux chances contraires. Les comètes sont si petites, qu’ellesne deviennent visibles, que lorsque leur distance périhélie est peuconsidérable. Jusqu’à présent, cette distance n’a surpassé que deuxfois le diamètre de l’orbe terrestre, et le plus souvent, elle a étéau-dessous du rayon de cet orbe. On conçoit que pour approchersi près du soleil, leur vitesse au moment de leur entrée dans sasphère d’activité, doit avoir une grandeur et une direction comprises-