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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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EXPOSITION

dans d’étroites limites. En déterminant par l’analyse des probabilités,le rapport des chances qui dans ces limites, donnent une hyperbolesensible, aux chances qui donnent un orbe que l’on puisse confondreavec une parabole ; j’ai trouvé qu’il y a six mille au moins à pariercontre l’unité, qu’une nébuleuse qui pénétre dans la sphère d’activitédu soleil, de manière à pouvoir être observée, décrira ou une ellipsetrès-alongée, ou une hyperbole qui par la grandeur de son axe, seconfondra sensiblement avec une parabole, dans la partie que l’onobserve ; il n’est donc pas surprenant que jusqu’ici, l’on n’ait pointreconnu de mouvemens hyperboliques.

L’attraction des planètes, et peut-être encore la résistance desmilieux éthérés a dû changer plusieurs orbes cométaires, dans desellipses dont le grand axe est beaucoup moindre que le rayon dela sphère d’activité du soleil. On peut croire que ce changement aeu lieu pour l’orbe de la comète de 1759, dont le grand axe nesurpasse que trente-cinq fois, la distance du soleil à la terre. Unchangement plus grand encore est arrivé à l’orbe de la comète de1770, dont le grand axe n’égale que six fois cette distance.

Si quelques comètes ont pénétré dans les atmosphères du soleilet des planètes au temps de leur formation, elles ont dû en décrivantdes spirales, tomber sur ces corps, et par leur chute, écarter lesplans des orbes et des équateurs des planètes, du plan de l’équateursolaire.

Si dans les zones abandonnées par l’atmosphère du soleil, il s’esttrouvé des molécules trop volatiles pour s’unir entre elles ou auxplanètes; elles doivent en continuant de circuler autour de cet astreoffrir toutes les apparences de la lumière zodiacale, sans opposerde résistance sensible aux divers corps du système planétaire, soit àcause de leur extrême rareté, soit parce que leur mouvement est àfort peu près le même que celui des planètes qu’elles rencontrent.

L’examen approfondi de toutes les circonstances de ce systèmeaccroît encore la probabilité de notre hypothèse. La fluidité primitivedes planètes est clairement indiquée par l’aplatissement de leur figure,conforme aux lois de l’attraction mutuelle de leurs molécules : elleest de plus prouvée pour la terre, par la diminution régulière de lapesanteur, en allant de l’équateur aux pôles. Cet état de fluidité