DU SYSTÈME DU MONDE. 45g
primitive, auquel on est conduit par les phénomènes astronomiques,doit se manifester dans ceux que l’histoire naturelle nous présenteMais pour l’j retrouver, il est nécessaire de prendre en considéra-tion , l’immense variété des combinaisons formées par toutes lessubstances terrestres mêlées dans l’état de vapeurs, lorsque l’abais-sement de la température, a permis à leurs élémens de s’unir ; il fautensuite considérer les prodigieux changemens que cet abaissementa dû successivement amener dans l’intérieur et à la surface de laterre, dans toutes ses productions, dans la constitution et la pressionde l’atmosphère, dans l’océan et les corps qu’il a tenus en dissolution.Enfin, il faut avoir égard aux changemens brusques, tels que degrandes éruptions volcaniques, qui ont dû troubler à diversesépoques, la régularité de ces changemens. La Géologie suivie sousce point de vue qui la rattache à l’Astronomie , pourra sur beaucoupd’objets, en acquérir la précision et la certitude.
Un des phénomènes les plus singuliers du système solaire, estl’égalité rigoureuse que l’on observe entre les mouvemens angulairesde rotation et de révolution de chaque satellite. Il y a l’infini contreun à parier qu’il n’est point l’effet du hasard. La théorie de lapesanteur universelle fait disparaître l’infini, de cette invraisem-blance , en nous montrant qu’il suffit pour l’existence du phénomène,qu’à l’origine, ces mouvemens aient été très-peu difFérens. Alors,l’attraction de la planète a établi entre eux, une parfaite égalité;mais en même temps, elle a donné naissance à une oscillationpériodique dans l’axe du satellite, dirigé vers la planète, oscillationdont l’étendue dépend de la différence primitive des deux mouvemens.Les observations de Mayer sur la libration de la lune, epsefies queBouvard vient de faire sur le même objet, àjjia prière, n’ayantpoint fait reconnaître cette oscillation, la. difKrénce dont elle dépend,doit être très-petite; ce qui indique avee une extrême vraisemblance,une cause spéciale qui d’abord a renfermé cette différence dans leslimites fort resserrées où l’attraction de la planète a pu établir entreles mouvemens moyens de rotation et de révolution, une égalitérigoureuse, et qui ensuite a fini par détruire l’oscillation que cetteégaüté a fait naître. L’un et l’autre de ces effets résultent de notrehypothèse ; car on conçoit que la lune à l’état de vapeurs, formait