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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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44o EXPOSITION

par lattraction puissante de la terre, un sphéroïde alongé dont legrand axe devait être dirigé sans cesse vers cette planète, par lafacilité avec laquelle les vapeurs cèdent aux plus petites forces quiles animent. Lattraction terrestre continuant dagir de la mêmemanière, tant que la lune a été dans létat de vapeurs, ou liquide;elle a à la longue, en rapprochant sans cesse les deux mouvemensde ce satellite, faire tomber leur différence, dans les limitescommence à sétablir leur égalité rigoureuse. Ensuite, cette attrac-tion a du anéantir peu à peu loscillation que cette égalité a produitedans le grand axe du sphéroïde, dirigé vers la terre. Cest ainsi queles fluides qui recouvrent cette planète, ont détruit par leur frottementet leur résistance, les oscillations primitives de son axe de rotation,qui maintenant nest plus assujéti quà la nutation résultante desactions du soleil et de la lune. Il est facile de se convaincre quelégalité des mouvemens de rotation et de révolution des satellites,a du mettre obstacle à la formation danneaux et de satellites se-condaires , par les atmosphères de ces corps. Aussi lobservationna-t-elle jusquà présent, rien indiqué de semblable.

Les mouvemens des trois premiers satellites de Jupiter présententun phénomène plus extraordinaire encore que le précédent: etqui consiste en ce que la longitude moyenne du premier, moinstrois fois celle du second, plus deux fois celle du troisième, estconstamment égale à deux angles droits. Il y a linfini contre un àparier que cette égalité nest point due au hasard. Mais on a vu quepour la produire, il a suffi quà lorigine, les moyens mouvemensde ces trois corps, aient fort approché de satisfaire au rapport quirend nul, le moyen mouvement du premier, moins trois fois celuidu second, plus deux fois celui du troisième. Alors leur attractionmutuelle a établi rigoureusement ce rapport; et de plus, elle a renduconstamment égale à la demi-circonférence, la longitude moyennedu premier satellite, moins trois fois celle du second, plus deux foiscelle du troisième. En même temps, elle a donné naissance à uneinégalité périodique qui dépend de la petite quantité dont les moyensmouvemens sécartaient primitivement du rapport que nous venonsdénoncer. Quelques soins que Delambre ait mis à reconnaître cetteinégalité par les observations, il na pu y parvenir; ce qui prouve