DU SYSTÈME DU MONDE. 44i
son extrême petitesse, et ce qui, par conséquent, indique avec unetrès-grande vraisemblance , une cause qui l’a fait disparaître. Dansnotre hypothèse, les satellites de Jupiter , immédiatement aprèsleur formation, ne se sont point mus dans un vide parfait : lesmolécules les moins condensables des atmosphères primitives dusoleil et de la planète, formaient alors un milieu rare dont la résis-tance différente pour chacun de ces astres, a pu approcher peu àpeu, leurs moyens mouvemens, du rapport dont il s’agit ; et lorsqueces mouvemens ont ainsi atteint les conditions requises pour quel’attraction mutuelle des trois satellites établisse ce rapport enrigueur, la même résistance a diminué sans cesse l’inégalité que cerapport a fait naître, et enfin l’a rendue insensible. On ne peut mieuxcomparer ces effets, qu’au mouvement d’un pendule animé d’unegrande vitesse, dans un milieu très-peu résistant. II décrira d’abordun grand nombre de circonférences ; mais à la longue, son mouvementde circulation toujours décroissant, se changera dans un mouvement 'd’oscillation, qui diminuant lui-même de plus en plus, par la résis-tance du milieu, finira par s’anéantir : alors le pendule arrivé à l’étatdu repos, y restera sans cesse,
Quoi qu’il en soit de ces conjectures sur la formation des étoileset du système solaire, conjectures que je présente avec la défianceque doit inspirer tout ce qui n’est point un résultat de l’observationou du calcul; il est certain que les élémens de ce système, sontordonnés de manière qu’il doit jouir de la plus grande stabilité, sides causes étrangères ne viennent point la troubler. Par cela seulque les mouvemens des planètes et dés satellites sont presquecirculaires et dirigés dans le même sens et dans de§.-plans peudifférens, ce système ne fait qu’osciller auto^p-d’un état moyendont il ne s’écarte jamais que de quantités tres-pétites. Les moyensmouvemens de rotation et de révolution de ces divers corps sontuniformes, et leurs distances moyennes aux foyers des forcesprincipales qui les animent, sont constantes : toutes les inégalitésséculaires sont périodiques. Les plus considérables sont celles quiaffectent les mouvemens de la lune par rapport à son périgée, àses nœuds et au soleil : elles s’élèvent à plusieurs circonférences •mais après un très-grand nombre de siècles, elles se rétablissent.
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