DU SYSTÈME DU MONDE. 443
semblablement expliqués autorisent à penser que tous dépendent deces lois, par des rapports plus ou moins cachésj mais dont il estplus sage d’avouer l’ignorance, que d’y substituer des causes ima-ginaires.
Je ne puis m’empêcher ici d’observer combien Newton s’est écartésur ce point, de la méthode dont il a fait d’ailleurs, de si heureusesapplications. Après avoir exposé dans le scholie qui termine lesPrincipes de la Philosophie naturelle, le phénomène singulier dumouvement des planètes et des satellites, dans le même sens, à peuprès dans un même plan, et dans des orbes presque circulaires, ilajoute ; « tous ces mouvemens si réguliers n’ont point de causes» mécaniques, puisque les comètes se meuvent dans toutes les
y> parties du ciel, et dans des orbes fort excentriques.Cet
» admirable arrangement du soleil, des planètes et des comètes, ne» peut être que l’ouvrage d’un être intelligent et tout puissant. » IIreproduit à la fin de son Optique, la même pensée dans laquelle ilse serait encore plus confirmé, s’il avait su que les conditions del’arrangement des planètes et des satellites, sont pi'écisément cellesqui en assurent la stabilité. « Un destin aveugle, dit-il, ne pouvait■» jamais faire mouvoir ainsi toutes les planètes, à quelques irrégu-» larités près à peine remarquables, qui peuvent provenir de l’actiond mutuelle des planètes et des comètes, et qui probablement devien-» dront plus grandes par une longue suite de temps, jusqu’à ce qu’en-» fin ce système ait besoin d’être remis en ordre par son auteur. »Mais cet arrangement des planètes, ne peut-il pas être lui-même, uneffet des lois du mouvement -, et la suprême intelligence que Newtonfait intervenir, ne peut-elle pas l’avoir fait dépendre ifma phéno-mène plus général? Tel est, suivant nous, celyi-d’une matière né-buleuse éparse en amas divers, dajrsjfjmmefisité des cieux. Peut-onencore affirmer que la conservation du système planétaire entredans les vues de l’auteur de la nature ? L’attraction mutuelle descorps de ce système ne peut pas en altérer la stabilité, commeNewton le suppose. Mais n’y eût-il dans l’espace céleste, d’autrefluide que la lumière ; sa résistance et la diminution que son émissionproduit dans la masse du soleil, doivent à la longue, détruire l’arran-gement des planètes 5 et pour le maintenir, une réforme deviendrait