Band 
1801 - 1890.
Entstehung
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109
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ACCIDENTS ET CATASTROPHES

IO9

Sivel par le bras ainsi que Crocé. « Sivel ! Crocé ! mécriai-je,« réveillez-vous ! »

« Mes deux compagnons étaient accroupis dans la nacelle, latête cachée sous leurs manteaux. Je rassemble mes forces etjessaye de les soulever. Sivel avait la figure noire, les yeuxternes, la bouche béante et remplie de sang. Crocé-Spinelli avaitles yeux fermés et la bouche ensanglantée. Vous dire ce qui sepassa alors mest impossible! Je ressentais un vent effroyable debas en haut; nous étions encore à six mille mètres daltitude; ily avait dans la nacelle deux sacs de lest que jai jetés. Bientôt laterre se rapproche ; je veux saisir mon couteau pour couper lacordelette de lancre, impossible de le retrouver; jétais commefou, et je continuais à appeler « Sivel! Sivel! » Par bonheur,jai pu mettre la main sur un couteau, et détacher lancre au mo-ment voulu. Le choc à terre est dune violence extrême; le ballonsemble saplatir et je crois quil va rester en place, mais le ventest violent et lentraîne. Lancre ne mordait pas, et la nacelleglissait à plat sur les champs. Les corps de mes malheureux amisétaient cahotés çà et, et je croyais à tout moment quils allaienttomber de la nacelle. Cependant jai pu saisir la corde desoupape, et le ballon na pas tardé à se vider, puis à séventrercontre un arbre. Il était quatre heures. »

Quelques jours après, la tombe allait se fermer sur ces vail-lants soldats de la science qui, suivant lexpression du présidentde lAcadémie des sciences, sont morts « au champ dhonneur! »

Les deux jeunes et courageux aéronautes Lhoste et Mangotdoivent aussi avoir leurs noms inscrits sur la liste des martyrsde la navigation aérienne. Partis de Paris en ballon, le i3 no-vembre 1887, avec un compagnon de voyage quils laissèrent àterre près de Quillebœuf, les deux voyageurs résolurent de tenterencore une fois la traversée de la Manche que Lhoste avait réa-lisée avec succès à plusieurs reprises. Us arrivèrent par grandvent dans les parages de lîle de Wight , mais, ayant perdu toutleur lest, ils durent descendre en mer : le vent soufflait en tem-pête, la mer faisait rage, la pluie tombait à torrent; les deux jeu-nes gens furent submergés presque sous les yeux de léquipage