I.IiS BAI.I.ON’S DIRIGEABLES
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mercure nous permet de faire fontionner il volonté' six, douze,dix-huit ou vingt-quatre éléments, et d’obtenir ainsi quatre vi-tesses différentes de l’hélice, variant de soixante à quatre-vingtstours par minute. Avec douze éléments en tension, nous avonsconstaté que la vitesse propre de l’aérostat dans l’air était insuf-fisante, mais au-dessus du bois de Boulogne , quand nous avonsfait fonctionner notre moteur à grande vitesse, à l’aide des 24 élé-ments, l’effet produit s’est trouvé être tout différent. La transla-tion de l’aérostat devenait subitement appréciable, et nous sen-tions un vent frais produit par notre déplacement horizontal.Quand l’aérostat faisait face au vent, alors que sa pointe del’avant était dirigée vers le clocher de l’église d’Auteuil, voisinede notre point de départ, il tenait tête au courant aérien et res-tait immobile, ce que nous pouvions constater en prenant sur lesol des points de repère au-dessus de notre nacelle. Malheureu-sement, il ne restait pas longtemps dans cette position favorable,et quand il avait bien fonctionné pendant quelques instants, ilse trouvait soumis tout à coup îi des mouvements giratoiresque le jeu du gouvernail était impuissant fi maîtriser complète-ment. Malgré ces rotations que nous avons trouvé le moyen d’évi-ter dans des expériences ultérieures, nous avons recommencé lamême manœuvre pendant plus de vingt minutes, ce qui nousa permis de stationner sensiblement au-dessus du bois de Boulogne .
Quand nous avons essa3’é de nous déplacer en coupant levent dans une direction perpendiculaire à la marche du courantaérien, le gouvernail se gonflait comme une voile et les rotationsse produisaient avec beaucoup plus d’intensité. Nous estimons,d’après ces faits, que la position que doit occuper un navireaérien doit être telle que son grand axe ne fasse avec la ligne duvent qu’un angle de quelques degrés.
Après avoir procédé aux expériences que nous venons de dé-crire, nous avons arrêté le moteur, et l’aérostat a passé au-dessusdu Mont-Valérien . Une fois qu’il eut bien pris l’allure du vent,nous avons recommencé à faire tourner l’hélice, en marchantcette fois dans le sens du courant aérien; la vitesse de transla-