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TROISIESME LIEU
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE,
E T
MESNAGE DES CHAMPS.
CHAPITRE PREMIER.
Qualités du Vin : lieux célébrés pourl’accroist d’icelui , et le projit de laVigne.
Après le pain, vient le vin, secondaliment donné par le Créateur à l’entre-tenement de ceste vie , et le premier cé-d “ lébrépour son excellence. Il est employé,non seulement au vivre des hommes, maisaussi à la guérison de plusieurs maladies,avec admiration , pour la diversité de seseffécts. Car il esckauffe le corps, mis audedans par la bouche, et le réfroidit, ap-pliqué par dehors en cataplasme. Beu ensa r i ? uta- petite quantité, esveille etfaict revivre ce-lui qui par défaillance de coeur, se meurt :et en grande, endort et tue l’yvrongne :devenant instrument de toute intempé-rance , pour ceux qui dissoluement enabusent : et au contraire , esguisant l’es-prit , prins selon son légitime usage. Ceschoses s’accordent au dire d 'Anacharsis ,que la vigne produit trois grappes, la pre-mière de plaisir : la seconde, d’yvrongne-rie : la troisiesme, de tristesse et de pleur.
Le vin a esté dès tout temps en granderéputation, comme se preuve par diverstesmoignages : mesme par la dispute destrois jeunes-hommes de la cour du roi Cy-rus qui mirent le vin en rang avec les deuxautres plus grandes choses du monde; as-savoir , le roi et les femmes. Ce fut laforce du vin qui attira les armes desGaulois en Italie , quand Arrion Clusien,irrité contre Lucumo , qui lui avoit violéet ravi sa femme, les appella en la Tos-cane , pour y faire la guerre en vengeanced’un tel outrage ; se servant du vin ,comme pour amorce, qu’il leur porta, du-quel ayans gousté, furent aussi tost dé-libérés de partir de leur pays, où telle li-queur n’estoit lors cogneue , pour allerconquester la terre produisant si précieuseboisson. Mezentius, roi de Toscane , don-na secours aux Rutulois, contre les autreshabitans de la campagne de Rome , enintention de piller les bons vins crois-sans en icelle. Touchant l’inventeur duvin, nous-nous arresterons à celui que lasaincte Escriture nous marque, c’est as-savoir, Noé , laissant les imaginations »««■.des payens, dont l’ignorance les a tantfait esgarer, que confusément ils ont
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