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TROISIESME LIEU
.V.» longueconservation.
MoyeneTen estre a-bondammtntpourceu.
donné cest excellent tiltre : les uns àDenys, fils de Jupiter, nommé aussi Bac-chus et Pater Liber, pour la liberté duvin : les autres à Icare , père de Erigone ,à Saturne , à Eumolpe , et à d’autres,que je laisse avec raison.
Longuement se conserve le vin en sonentier , si estant bien qualifié est logéainsi et au lieu qu’il appartient. Plinedict avoir esté faict un banquet au princeCaius César , fils de l’Empereur Germa-nicus, par le poëte Pomponius Secundus ,auquel autre vin ne fut beu, que de deuxcens ans, qui pour sa rareté coustoit centdeniers l’once. Theuetens a Cosmogra-phie , afferme avoir veu en l’isle de Lem-nos un vase de terre contenant demi-mui, treuvé dans des vieilles mazures,rempli de bon vin, qui y avoit demeuréplus de six cens ans, comme apparcissoitpar certains mots escrits au vaze. L’anmil cinq cens cinquante sept, en fouillantles ruines du vieux chasteau de Loudun en Languedoc, pour en tirer des pierresà bastir ailleurs, se descouvrit un caveau,dans lequel fut treuvé un tonneau entier,dont le bois ayant senti l’aer, tomba enpoudre , laissant la lie affermie en laforme du tonneau , laquelle estant per-sée fut treuvée remplie de très-excellentvin, au jugement des honorables voisins,ausquels le baron du lieu en envoya pourmerveille. La vieillesse de la démolitionduquel chasteau, monstroit évidemmentce vin-là y avoir demeuré grand nombred’années.
Chanter les louanges du vin, etpres-cher ses vertus , n’est le sujet de ce dis-cours : parquoi nous contentans de ce quien a esté touché , viendrons au moyenpour le faire produire en toute abondance
et perfection de bonté. Dieu pourvoyantà la nécessité et à la volupté de l’homme,lui a donné tant de sortes de raisins difïë-rens en figure, couleur, et saveur , quela contemplation en est admirable, et lerécit impossible, tant la variété de cefruict est grande : dont les pays et ter-roirs , où les plus exquis vins croissent,ont esté du temps des Anciens , et le sontencores, plus remarqués pour telle oc-casion , que pour autre rapport, soit dublé, soit de la chair , etc. Les antiquesRomains , pour les bons vins, faisoientgrand cas des isles de Sio, de Cos, de Si cile , de Metelin, de Falerne, de Clamo-zene, de Linternum (lieu aussi remarquépour la dernière demeure de ce grandhomme, Scipion l’africain) et d’autresparties lointaines dedans et dehors la mer,d’où les excellens vins estoient portéspour leurs banquets. Jule César revenantvictorieux d’Espagne , et aussi en sontroisiesme consulat, festoya le peuple ro-main , avec toute largesse , de vins pré-cieux et singuliers apportés de loin. L’I talie au temps de sa grande prospérité ,se meubla du plant des espèces de raisinsles plus remarquables , prinses ès meil-leures contrées de la teiTe : dont sur plu-sieurs nations, l’Italie emporta ancienne-ment le bruit de produire de bons vins.
Telles délicatesses ne se sont seule-ment arrestées en Grèce , ni en Italie ,n’ayant peu ni les mers, ni les Alpes ,empescher qu’elles n'aient passé jusquesen ce royaume , où en plusieurs endroitsà présent et le vin de Grèce , et la Mal-voisie de Candie , ne sont incogneus ,non seulement s’y en treuvant ès bou-tiques des apoticaires pour médecine ,ains des vignes toutes entières, complan-
tées
Ancienslieux renom•mes pour lasbons vins :
et
modernes a -bondans.