DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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tées des plus exquises espèces de raisins,prinses directement en ces régions es-trangeres, tesmoin, entre autre la vignedu clos du roi à Couci, façonnée du plantdeGrece(i). Qui laict ce royaume 11e céderhlan “' à l’Italie en telles singularités: en quoi l’ons’est si bien dressé, qu’autre chose quecuriosité n’en faict aller cerclier ailleurs lebon vin, tant précieux et délicat y croist-il en divers endroits. De ceci font preuvesles excellens vins blancs d’Orléans , deCouci, de Loudun en Languedoc , d’An-jou, de Beaune , de Joyeuse, de l’Argen-tiere, de Montreal , de Lambras, de Cor-nas en nostre Vivaretz : de Gaillac , deRabastenc, de Nerac , d’Aunix , de; ms-chrets. £j ravc> L cs fHans vins-clerets de Cante-perdrix terroir de Beaucaire , de Castel-nau, de Moussen-Giraud, de Baignolz ,de Montellimar , de Villeneuvc-de-Bercma patrie, de Tournon , de Ris , d’Ay ,d’Arbois , de Bourdeaux, de la Rochelle ,et autres de diverses sortes , croissons èsprovinces de Bourgongne, d’Anjou , duMaine, de Guyenne , de Gascongne, duLanguedoc , du Dauphiné, de la Pro-Musquats. vence. Sur tous lesquels vins paraissentles musquats et blanquetesdeFrontignanet Miravaux en Languedoc , dont la va-leur les faict transporter par tous les re-coins de ce royaume. Ne doivent en cestpasseriiu. endroit estre oubliées les passerilles (2) ,que de propres raisins l’on faict ès lieuxsusdits et environs de Montpellier , très-bonnes , et en si grande quantité, quetoute la France s’en ressent.stutreiCQ rn- L’abondance des bons vins que la vigne
mcditéi qu’on 1*1 1 i i 1
un de la produit la rend très - recommandable :
outre lequel rapport, donne-elle du vinde desjænce pour le mesnage, qu’on faictavec de l’eau sur le marc des raisins : desThéâtre d’Agriculture } Tome I.
sarmens pour brusler en la taillant : et end’aucuns endroits , des chevelues et desmargoutes dont on tire de l’argent parchacun an .Lesquelles choses servent pourd’autant descharaeant les façons de lavigne, lui faire rendre plus nettement sonrevenu. En laquelle qualité elle excelleet les herbages et les terres-à-grains , se- vi s n ‘-Ion le tesmoignage de Columelle , qui c»i. 1.3. c.dict qu’en Italie de son temps , l’arpentde terre converti en lorests, pastis ouprairies , ne profitait par an plus de centpetits sesterces, chacun de dix deniersobole , valans ensemble un escu vingtsept soûls six deniers de nostre monnoie :ne les terres-à-grain faire plus du quart,comme a esté dict ailleurs. Mais que la a»
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vigne rendent sans comparaison plus de n.j>rofit qu’aucune de ces parties-là de terre :d’autant mesme qu’avec les herbages , lavigne a cela de commun, que sans aucunemise de semence, par chacun an elle pro-duit son fruict, si le temps ne lui contra-rie : ce qu’on ne peut espérer des terreslabourables , lesquelles ne seroient d’au-cune utilité sans mise de semences, neséjour de - quelques années. Tline à la Exemples.louange de la vigne , faict un grandroolle des hommes qui le temps passél’ont heureusement cultivée, estant ad-mirable le récit qu’il faict de sa fertilité.
Comme aussi est chose estrange ce queColumelle escrit des vignes de Caton, deVarron, de Seneque et autres de sontemps, qu’il faict tant fertiles, que l’ar-pent produisoit les vingt, trente, qua-rante muids devin et davantage ( 3 ). Aussidict-il avoir veu des seuls ceps porter deuxmil grappes de raisins. En quoi auroit-onplus à s’esbaliir (mesme jusques à douterde la continuelle suffisance de la terre ,
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