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TEOISIE SME LIEU
crainte de son envieillissement, dont parleColumelle ) sans ce que nous voyonsquelques recoins de vigne , quoi-que ra-rement, rapporter admirablement. C’està la vérité chose très - asseurée , qu’unebonne vigne rend grand profit à sonmaistre, estant posée en bon lieu, peu-plée de bonnes espèces de raisins, artis-tement et diligemment cultivée , commeon le remarque en plusieurs provinces deLa paresse ce royaume. Et n’est autre cas qui tantl'fluïjZZ't ait faict descrier la vigne (comme il s’enimtre de la clivers lieux n’en tenir grand
vigne. O
conte) que la brutale paresse : par la-quelle la vigne est plustostrejeltée, qu’onn’en a voulu cognoistre les causes. Fai-sant aussi l’ignorance de beaucoup degens, craindre telle sorte de labourage ,y espargnant par avarice, ce qui faict plushonorer et priser la vigne. Ici n’est l’appli-cation de l’humeur de Caton, en ce qu’iln’estimoit, ni les hommes, ni les terresde grande clespence , quoi-que de grandrapport. D’autant que c’est folie de pen-ser que la vigne rapporte beaucoup, si aupréallable on n’y employé le labeur re-quis , qui ne peut estre sans frais : voired’autant plus grands, que plus grandequantité de vin on désire avoir, l’abon-dance de raisins procédant infailliblementde la précédente despence. Ne seroit-cepas donc preuve d’un mauvais jugement,de ne vouloir moissonner, pour l’esparguedu semer. En somme, c’est autant qu’onAutr „ veut, que la vigne porte. Sur laquelle)ZüUte\nL max i me i dict Columelle , qu’ayant Pa-*■' s"*■ radius Veterense deux filles à marier , et
pour tous moyens, une seule vigne, endonna un tiers en dot à chacune de sesfilles : employa par après autant de la-bour à la partie qu’il s’estoit réservée ,
qu’il souloit faire au total ; dont par l’a-bondance de ffuict qui en sortoit, quoi-que d’un seul tiers de la vigne entière ,treuva avoir marié ses filles sans dimi-nuer son revenu.
A la recommandation de la vigne tendaussi le testament de celui qui partageantson bien entre ses deux fils, en donna àl’aisné, bon mesnager et diligeant, lapartie la plus facile à conduire , commerentes, prairies, pasturages ; et à l’autre,jeune homme desbauché et jiaresseux ,celle où estoit nécessaire le plus de la-bour, qui estoit une belle et grande vigne.Dequoi cestui - ci se plaignant, supplieson père réformant sa disposition , l’aji-proprier à l’humeur de ses enfans. Maisaussi tost cessa - il sa jioursuite , que lepère lui eust dict, que dans la vigne yavoit un thrésor caché, lequel infaillible-ment, avec patient labeur, il treuveroit àson grand profit. Le jière décédé, incon-tinent le jeune homme se mit à la questede son thrésor, et tant fouilla sa vignepar profonds et réitérés beschemens ethouemens, que dans quelques années ,elle se rendit très-fertile , rapportant desvins en toute extrémité d’abondance: quiestoit le thrésor entendu par le père.Dont le fils devenu riche, pour doublebien se rendit diligent au travail, par ha-bitude , oubliant sa précédente fainéan-tise et desbauche (4)-