DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Ordre, à lapréparationde la terre,
la nouvelle vigne par l’importunité desreliques de la vieille, ne pourroit se re-prendre ; ou du moins que vivre en lan-gueur , sans nul profitable accroist. Nevous arrestés à l’avis de ceux qui pour re-nouveller les vieilles vignes se contentent,après en avoir couppé les ceps entre deuxterres , d’en labourer le champ et y fairedu blé pour quelques années, car ils sedéçoivent, ne pouvans les racines de lavigne par ce seul moyen, se perdre defort long temps , voire y en demeurera-il, quel blé qu’on y sème , plus de vingt-cinq ans après. Or quelle que soitla terre,pour la préparer dignement à recevoir lapour la vigne vigne , sera universellement rompue unha “ e ' pied et demi de profondeur, et de tellesorte, qu’en la renversant s’en-dessus-dessous , la bonne et cuite de la superfi-cie soit mise au fonds : et la mauvaise etcrue du fonds , à la superficie : dont partel eschange , à la longue les temps cui-ront la crue , pour finalement les deuxterres se rendre du tout propres, pendantque la bonne nourrira au fonds les ra-cines de la nouvelle vigne. Ce faisant ,toutes ordures et empeschemens de ra-cines et pierres sortiront du dedans de laterre, pour rester libre à l’entretenementde la vigne.
Comment Pour en cest endroit ouvrer ainsi qu’ilZl're™ “ appartient et avec espargne, l’on com-mencera à rompre la terre par l’endroitle plus bas et enfoncé , car avec plus d’ai-sance y besongneront les ouvriers, que laprenant au contraire , jettant la terre debas en haut, rendant l’ouvrage plus long,et par conséquent plus cher, que de rai-son, non de guières meilleur. Mais ainsin’est pas de la culture ordinaire de lavigne après l’avoir plantée : car pour la
bien maintenir, convient ne la prendretous-jours d’un mesme costé, ains diver-sement selon les oeuvres qu’on lui donne :une fois d’un endroit ; une autre fois ,d’un autre ; afin de bien mesler et ren-verser la terre. Aussi, afin que la terrene s’avale par trop (à quoi tant plus estsujette la vigne , que plus pendante enest la situation) conviendra des troisoeuvres de labourage requises pour sonentretenement chacune année, l’une estreprinse au plus haut et eslevé endroit dela vigne : à ce que les travailleurs avecleurs instrumens tirent la terre à mont,par ce moyen la remettant au lieu d’oùles eaux de la pluie l’auroient avalée ,maintenir la vigne en bon estât. Avispour toutes sortes de vignes , tant pourles planter, que pour les entretenir.
Et à ce que telle préparation se facesans confusion, la terre premièrementespierrée en sa superficie , sera tracéed’un des costés, avec le cordeau en lignesdroictes et paralelles, équidistantes d’unpied et demi, dont les ouvriers aurontchacun leur portion égale et leur parttaillée de la besongne : lesquels , ou avecle seul hoyau, ou à l’aide de la jjelle ,mettront la terre au poinct que la désirés,l’applanissant par le dessus, à mesurequ’ils la rompront. Ainsi se rendra prestevostre terre à recevoir le nouveau plant,soient crocètes ou chevelues, qu’on em-ploiera après en ceste sorte. Première-ment, on se résoudra de la manière qu’àl’advenir on cultivera la vigne pour or-donner de l’entre-cep. Si on a à labourerla vigne avec des bestes, selon la pra-tique d’aucuns endroits de Languedoc ,comme vers Narbonne , la faudra plan-ter plus au large, que si c’est à main
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