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TROISIESME LIEU
Memred’un d’homme. Pour ceste-ci, d’un cep à l’autresuffira la distance de trois pieds en toussens : mais pour ceste-là, nous y ajuste-rons trois quarts de pied davantage , oupeu plus ; à ce que les bestes de labou-rage y puissent commodément ouvrer,sans rompre les ceps. Sous lesquelles me-sures , planterons nostre vigne, où nenous dispenserons que pour l’amplifier sion veut, mais non la restreindre ; cequ’on ne peut faire sans notable intérestde la vigne, qui s’en treuveroit trop pres-sée (17). Applanie que soit la terre par ledessus, sera retracée d’un costé, avec lecordeau par lignes équidistantes, selon les-dictes mesures, aussi paralelles et droictes :de l’autre endroit sera posé le cordeau ,croisant en travers par angles droicts, leslignes tracées : et là où le cordeau entre-chlveiuï il taillera la ligne tracée, là sera plantée lacrocète ou la chevelue , en la fourranttoute droicte dans le trou qu’on y feraavec la taravelle ou fiche, où on l’affer-mira avec un long baston poinctu par l’undes bouts , remplissant peu à peu le trouavec de la menue terre. Par ce moyen ,non seulement aucun vent n’y entrera ,mais aussi le nouveau plant, soit crocèteou chevelue , y sera si bien affermi, quedifficilement en pourroit estre arraché enle tirant à la main. Pour faciliter l’entréedans ce trou à la crocète et à la chevelue ,leur faudra roigner de la teste, tout cequi apparemment la pourroit empescher,à ce qu’elles puissent attaindre jusquesau fonds du trou , accommodant aussi lataravelle à la qualité du complant j dontest requis estre plus grosse pour la che-velue , que pour la crocète , par avoirVê'cnp. pl us de grosseur l’une que l’autre. Cetrareiu, instrument ressemble aux grands taraîres
des charpantiers. Il est composé d’unebarre de fer , longue de trois pieds , etgrosse comme le manche du hoyau, lebout entrant dans terre, estant arrondien poincte, bien forgé et acéré. L’autreregardant en haut, est attaché à unepièce de bois traversante , faisant le toutla figure d’un T , pour le tenir avec lesmains. Et à ce que la taravelle ne pro-fonde trop dans terre , ains justement yentre selon la résolution qu’aurés prinsed’y enfoncer le complant, un arrestseramis à la pièce de fer entrant dans terre eten l’endroit remarqué à telle cause : le-quel arrest estant aussi de fer , servira enoutre à y mettre le pied dessus, pour ,pressant en bas , aider aux mains à fairoentrer la taravelle dans terre, cas estantqu’on la rencontre dure et forte (18).
En telle manière estant dressée vostrenouvelle vigne, se treuvera proprementageancée , droictement alignée en toussens et de tous costés, par en estre le com-plant posé d’esgale distance, dont, outrelabeauté, sera-elle facile à cultiver. Bienqu’en plantant à la taravelle, presquestoutes les racines des chevelues se coup-pent, ne doutés pourtant de leurreprinse:car de leur souchète en sortent tant denouvelles qu’il suffit. Toutes-fois avecquelque peu plus d’avancement, pour lerespect de la fructification , s’édifie lavigne par sautelles entières , que si onleur roigne aucune racine ; mesme si cesont chevelues vieilles, comme de troisà quatre ans. Dont je conseille, ayantde tel plant en main, l’employer, non à 2
la taravelle, ains au rayon ou fossé ou - ° u "’ r ‘ >
vert, le logeant en terre , comme arbres rmeiu.fruictiers , avec toutes ses racines, à me-sure qu’on creusera les fossés : sans avoir