DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
esgard ni au curieux alignement, ni aupéril de bien rompre la terre, sur quoid,!""lTu°"i conviendra se dispenser. Ne craignes quedei terres sur ] a me sure susdicte de planter la vigne ne
le profonder ... f ^
de ia vigne, soit de suffisante profondeur, observanttoutes-fois les distinctions des terres sa-blonneuses , argilleuses , plattes et pen-dantes, pour profonder plus en un en-droit qu’en autre, comme a esté dict :sans vous arrester aux coustumes invé-térées de plusieurs , qui font leurs plan-temens trop profonds, avec despence,autant superflue que nuisible, pour l’a-mertume de la terre que le complant, à saperte, rencontre , plus grande, que pluson le profonde avant. Aucuns plantent,et leurs crocètes et leurs chevelues, quandet le défrichement, sans se servir de lataravelle, pour la mauvaise opinion qu’ilsLe planter ont de tel instrument. En quoi ils se dé-n “edTprè- çoivent, parce que , ne tant artistementautre mèyen. ne tant profitablement avec, ne se dressela vigne par quelconque autre manière,que par la taravelle, moyennant la pré-cédente rupture de la terre, comme a estémonstré : attendu la confusion qui s’y en-gendre, en faisant, à la fois, ces deuxoeuvres , rompre la terre et y loger lecomplant : et que la terre ne se rompt niremue si bien , ne si universellement,qu’il est à souhaiter , que lors que seuleon la manie, pour le destourbier du com-ptant qui empesche le hoyau de librementjouer, dont certaine durtéreste dans l’ou-vrage , au détriment du complant. Ou ceseroit qu’on posast le comptant derrière letalon du travailleur contre la terre mou-vée, selon 1a pratique d’aucuns qui sesont prins garde de telle curiosité. Maispar ce moyen 1a vigne ne se peut alligneren perfection , d’autant qu’en ouvrant
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ainsi, les traces des mesures s’effacent :et pour double incommodité, la des-pence , tout bien conté, en est plus grandequ’à 1a taravelle. Les racines du nouveau E jj elt pr „_plant entrent très-bien dedans le fonds A, “
1 vigne , de
également remué, où gaignans terre sansempeschement d’aucune durté ni d’autre * tamauvais rencontre, se fortifient dans peude temps , pour la bonne nourriturequ’elles y treuvent. A cela aidant beau-coup les pluies, lesquelles pénétrant fa-cilement la terre inouvée de nouveau, lesarrousent opportunément. Dont 1a vigne,comme s’esgayant, s’aggrandit avec beau-coup de vigueur, à veue d’œil. Mais sipar contrainte des rochers, nepermettansà la taravelle de jouer ou autre notableempeschement on plante au fossé ouvert :c’est à dire, à mesure qu’on défriche ourompt 1a terre, ce sera en asseant les cro- commentcètes toutes droictes dans le fossé , sans cètes en lanullement les recourber, comme font aii-^"'cuns (car les chevelues ne se peuventplanter que droictement ) qui par telleignorance, se privent du plus fertii deleurs crocetes : les contraignans par là, àfaire leurs jettons par les bouts , qui sonttous-jours ou infertiles, ou les moins fruc-tifians endroits du sarment. C’est une er-reur invétérée, que ce recourbement-ci,tantblasmé des Antiques, par le tesmoi-gnage de Columelle et Pline , que parmespris, le bout du sarment a esté pareux appellé , flèche , comme ne servantqu’à estre jetté au loin ; aussi l’ont-ilsnommé en latin ,flagellum, pour le ventqui le bat à cause de sa foiblesse : lequelrejetté , ont défendu de s’en servir, poux-crainte d’en faire des vignes infructueu-ses. Et de faict, puis que les crocètes oumaillots ne doivent estre esleues qu’elles