DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE. z35
tient-elle long temps. Il a esté dict quele nombre des testes de rapport se limitepar la suffisance du fonds et l’entretene-ment. Toutes-fois l’on void qu’en bonterroir bien cultivé , quatre ou cinq, estle moins qu’on en puisse loger sur un boncep, si on désire avoir raisonnable re-venu de la vigne : comme aussi, dix oudouze, est tout ce que la vigne peut por-ter , estant l’entre-deux de ces nombres-là le plus désirable. En cela ne pouvésestre déceu , car voyant vostre cep jetterdes rameaux par les costés de son tige ,sortans d’endroit endurci de son tronc ,monstre ne se contenter des issues que luiavés données par ses testes ; car abondanten humeur, est contraint la vuider encrevant; ainsi que la fontaine son eau,par n’avoir ses canaux proportionnés àson abondance. Comme au contraire, fai-sant par ses testes les jettons petits, leurbois demeurant court et langui, se plaindde sa trop grande charge. Ausquels cas,par la prudence du vigneron sera pour-veu , en augmentant ou diminuant lenombre des testes, selon les circonstancesdont la vigne se réjouira, àmesure qu’elleroischaus- se sentira chargée ou deschargée. Avant
ser , la vigne , ° *11 1 • °
devnant que qu on poue ou taille la vigne, on la des-
u 11 ailier. c ] iaussera ? CO mme a esté enseigné ; mais
tant à profit, que la fosse à l’entour dupied soit profondément creusée : pourdescouvrir les racines naissantes près dela superficie de la terre, et les coupper ;contraignant par là, les autres et princi-pales , à se nourrir en bas. La taille sefera avec des serpes bien trenchantes , lé-gères et subtiles , pour n’esclater le bois :esloignant tant qu’on pourra la trenchedu dernier oeil, de peur que mourantquelque peu de bois, comme cela avient
souvent par les froidures, l’oeil ne soit en-velopé en ce danger. On la fera en biaiset pendante derrière l’œil, pour de cecosté-là, faire vuider les eaux de la pluie,et celle que la vigne jette d’elle-mesmeen pleurant, sans incommoder le bour-geon : ostant au reste tous autres rejet-tons superflus, les couppans rès du tronc.Et si vous voyés n’y pouvoir accommoderle nombre des ceps requis selon la portéedu cep , et que par bas le cep rejetteabondamment, ne ferés difficulté, pourla bassesse des vergettons, d’en laisser làquelques brins , pour sur iceux l’annéed’après, f açonner des testes : qui se pour-ront rendre si bonnes, que dans quelquetemps, le principal du cep se formera entel endroit, en couppant tout le plus haut:par ce moyen, rajeunissant vostre vigne.Aussi s’accorde bien souvent ès vignesvieilles, que tel sarment venant du basdu cep pendant delui-mesme vers terre,couppé long d’un pied ou davantage,recourbé en archet contre le tige, et làattaché avec un ozier, rapporter en abon-dance du fruict la mesme année : et lasuivante recouppé plus bas, faire là unebonne teste. Gouvernant à la serpe detelle sorte vostre vigne, la tiendrés tous-jours basse, sans la laisser monter plusque de raison ; dont elle durera longue-ment. Ce qu’elle ne feroit, si la laissantvager à l’aise, on lui donnoit les longes àsa ruine.D’autant que telle sorte de vigne,n’estant appuyée que sur son propre tige,se doit fermement supporter elle-mesme :autrement, les vents, par leur agitation,l’esbranlent tellement, que les raisins enpérissent, s’en allant ainsi en fumée l’es-pérance de leur revenu.
Le poinct de la lune pour la taille de
Gg 2
La trenchede la vignetera en pentepour vuiderVeau.
Un croit •