DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 241
chose qui le faict aisément reprendre ,non que cela soit de nécessité ; car sansm<r h pm- engraissement, moyennant la bonne cul-ture , ne laissera de bien profiter. Maispour le faire tost accroistre, pour pouvoirattaindre les ceps ses voisins, qui sont deplus grand aage, sera bon leur distribuerquelque peu de fumier, du mieux qua-lifié. Aucuns en provignant, ne rem-plissent du tout la fosse la première an-née , ains la tiennent pour quelque tempsdemie comble de terre, à ce que le pro-vin soit contraint de s’enraciner profon-dément , pour après, à la longue , réam-plir la fosse en l’unissant au plan de lavigne. En tous lieux indifféremment celan’est bon, estant seulement propre èsendroits secs , légers , et pendants : carès humides , pesants et plats, y auroit àcraindre les eaux croupissantes dans lafosse, en pourrir entièrement les ra-cines (26) ; ce que prudemment l’on dis-cernera , afin ne se décevoir.
Reste pour fin de ce négoce, mons-Rtmairt trer le moyen de remettre en vigueurvieiiu et lan- une vigne languissante $ se perdant, ougnureme. p ar ma uvais gouvernement, ou par vieil-lesse , à ce qu’encores l’on en puisse tirerservice. Cela se fera en l’hyvernant ex-traordinairement •, c’est-à-dire, en labes-chant plus profondément qu’on n’a ac-coustumé ; et ce en hyver, tant à profit,que comme un replantement nouveau,la terre se renverse s’en-dessus-dessous,prenant la vigne presques dès son fonde-ment, tout-d’une-main, couppant toutesles racines, par là se descouvrans : afinque les ceps deschargés de telles super-fluités , puissent par-après , reprendrenouvelle force. Ce qu’ils pourront fairepar le moyen de la bonne terre de la su-Théâtre d’Agriculture t Tome I.
perfide mise au fonds, parmi laquelleseront meslées les fueilles vertes de lavigne qu’on arrachera de devant les tra-vailleurs , si tant est qu’elles ne soient en-cores cheutes $ des pailles , baie des blés,et semblables engraissemens , pour luidonner tant plus de vigueur. Cela ne sa-tisfaisant à vostre intention , tenés pourdésespéré le renouvellement de vostrevigne, et asseurée la fin de son service,par sa trop grande descheute ne pouvantestre relevée. A ce que sans vous attendreà autre remède, cestui-ci estant l’ex-trême , vous résolviés à la replanter si enavés désir , ce qu’avec peu davantage dedespence ferés aisément, mesme de sespropres espèces la réédifierés , si ellesvous agréent, par des crocètes qu’en feréscueillir , avant que de l’arracher. C’estce que l’on peut dire du gouvernementde la vigne basse, selon que par les meil-leurs vignolans est pratiqué en Langue-doc, Provence, Dauphiné, et ailleursoù elle est en service. Qui est celle dictedes Grecs orthampelos , par se sous-tenir d’elle-mesme : appellant dacty-lidos j celle qui en bois n’excède la gros-seur du doigt, et qui de nécessité est ap-puyée , laquelle l’on peut rapjiorter à lafrançoise.
La seconde et moyenne sorte de vignes La vi s n ‘
... 1 mnyenne.
en comprend plusieurs , comme 1 escha-lassée, la perchée, à lignolot, en treil-lages et autres de diverses façons, commesera monstre. La principale desquellesest celle, qui par souvent provigner, res-semble tous-jours nouvelle , n’en lais-sans beaucoup engrossir les ceps de vieil-lesse. Telles sont celles de l’Isle - de-France, d’Orléans , de la Brie, Bour-gongne , Berri , et d’autres quartiers de
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