A la pro-vigner.
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
2,4'à
par le temps et la culture. La distanced’une crocète ou margoute à l’autre n’estlimitée à certaine mesure, n’en estant be-soin, attendu qu’on la confond au futurprovignement. Aucuns ne leur donnentqu’un pied , d’autres les plantent encoresplus estroictement ou largement, selon
leurs coustumes
, qui par tout ne sont
semblables (27). Se recognoissantà clair,de la différence à la manière du planteret de l’entretenir des vignes , entre cellesde Paris , d’Orléans , et de leur voisi-nage, quoi-que toutes escbalassées. Ainsil’ayant remarqué, comme j’ai dict ci-de-vant , avoir faict de mesme des diversessortes de labourer la terre pour les blés,entre Paris et Montargis . Sur la terre réa-planie, fera-on resortir deuxoeilsdu com-ptant , là justement le couppant pour yfonder ses jettons, à ce que rés de chaus-sée le cep se fortifie. De làjusques aupro-vigner , ceste vigne esclialassée se gou-verne comme la basse, la solicitant à s’ac-croistre et fortifier par réitérés besche-mens, qui comprendront les chevalierset condots, à ce qu’aucune partie du fondsde la vigne ne demeure inculte. La vignesera chacun an taillée fort justement, lesdeux ou trois premiers, à la vieille lune ,et le troisiesme ou quatriesme, à la nou-velle, pour la faire jetter en bois, afin depouvoir souffrir le provigner.
Moyennant tel traictement, au boutde trois ans ou de quatre, la vigne serendra propre à provigner , et lors pren-drés avis sur la qualité du fruict (com-mençant en ce temps-là, la vigne à pro-duire des raisins) pour , d’un costé, vousdesfaire des races ne vous agréans : et del’autre , par provigner, augmenter lenombre de celles que treuverés dignes
d’estre retenues , afin de rendre vostrevigne du tout fructueuse. Sur les cheva-liers ou condots, couchera-on les ceps, eny ouvrant la terre en travers autant pro-fondément que la vigne est plantée ,pour de mesme loger les provins. Et lorsla terre desdicts endroits , qui avoit de-meuré affermie depuis le planter, serompra toute de rang, sans rien y resterde dur : et par ce moyen, la vigne setreuvera entièrement remuée. Sans dis-tinction d’ordre ne de rang ,
en
provi-
gnant, asseoit-on les sarmens où mieux se
rencontrent,
près
ou
loin les uns desautres : comme aussi un, deux , ou troisceps sortiront de chacune souche, ainsique mieux s’accordera : car sans nulle su-jection do lignes ne de distance , ouvre-l’on en cest endroit. Par telle méthode,la vigne esclialassée perd son alignementet mesure, se confondant entièrement èsrangs et ordre, sous lequel aura esté plan-tée, que la basse conserve jusqu’à sa fin.Aussi de droicte et large qu’elle estoit enson commencement, par le provigner,se rend tortue et estroite, voire tellementpressée de ceps, que l’accès par entre-eux estant tous-jours difficile et quelques-fois nuisible, on n’y passe que par né-cessité. Pour laquelle cause espargne-onau travers de la vigne, des sentiers oupetites allées, comme ès jardins , qu’on yaligne droictement de dix en dix pas, plusou moins : lesquelles, outre le servicequ’elles font à la vigne, à en attirer ladespouilleety apporter les amendemens,y causent ce profit tant requis, que de laprésence du maistre, par telle aisance fa-cilement s’y promenant, et par ces pe-tites divisions , se rendant le vignoble deplaisante représentation.
Hlu
Petits sen-tiers en lavigne.