244 TROISIESME LIEU
Quand et Voici la vigne formée, et parvenue en
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taiiicr la ri» ââge a estre traictee comme parcreue.
j'll!p{ur‘iê On la taillera après l’hyver, passées que
frai,!. soient les grandes froidures , en jour nonimportuné de pluies ne de brouillars ,ains beau et scrain, tel le pouvant choi-sir, une année en la nouvelle lune et lasuivante en la vieille (s’entend si son porta esté presque égal par l’entre-suite dessaisons) afin que par les diverses facultésde telle planète, la vigne soit maintenueen estât modéré de fructifier, et pour lon-guement durer. Défaillant la vigne oupar trop de force, ou par trop de fai-blesse , par la taille donnée à propos selonles avis représentés, sera remédié à telsdéfauts. C’est le propre de ceste sorte de
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toutes-fois plus ou moins fréquemment,en un endroit qu’en autre , cela est pra-tiqué , tant par la coustume que pour lanécessité. Pour maintenir la vigne en jeu-nesse, et la guérir de ses maladies, leprovigner est inventé : estans ce les rai-sons qui limitent ceste action en la vigne.Partant, lors qu’il vous plaira rajeunirvostre vigne , ou que la verrés malade ,servés-vous de ce remède en tout ou par-tie, selon le besoin, sans vous assujétir àPropriété, autre temps. A chacun provignement ,es t nécessaire sortir du fonds de la vigneabondance de racines des vieux ceps ,voire tant plus grande, que plus la vignesera avancée en aage , afin de la deschar-ger de telles nuisances. Faute de quoifaire, se rendroit-elle, à la longue, dutout infertile : d’autant que les racinesenvieillies dans terre, occuperoient telle-ment le fonds , qu’il n’en resteroit, niaussi de sa substance, que bien peu ,pour l’entretenement de la vigne. Et non
seulement ès choses susdictes est salu-taire le provigner, ains donne grande vi-gueur au fonds, par en estre souventes-fois remué : dont la terre se ramollissant,en devient tous - jours plus fertile , augrand avantage de la vigne : laquelle,comme reprenant nouvelle force , avecmerveille , rapporte fruict : aussi le pro-vigner est estimé, demi planter. Deuxpieds, plus ou moins, sortiront de terreles sarmens provignés, dont se formerontles ceps, là les couppans justement, ylaissant autant d’oeils ou bourgeons, quenature y en aura mis. Près et joignantchacun desquels ceps, mettra-on un ap-pui , diversement nommé selon les lieux( charnier, eschalat , paisseau) , fa-çonné du plus droict et solide bois qu’onpourra choisir. Il sera de la longueur desix à sept pieds, dont les deux serontfichés dans terre par l’un des bouts, quià telle cause sera apointé , et le reste sor-tira droictement en haut, pour là ferme-ment attacher le cep, avec une ou deuxligatures d’ozier , non trop serrément,de peur de l’offencer. Mettre l’eschalatdu costé de la bize au respect du cep , cesera pour tenir aucunement en abri lecep, dont il en poussera plustost ses jet-tons , qu’estant à descouvert exposé aufroid : à laquelle curiosité, sera bon deprendre garde. Il n’est nécessaire em-ployer l’eschalat incontinent après avoirprovigné la vigne, suffit que ce soit peude temps après qu’elle aura bourgeonné,pour commencer lors son service. Et d’au-tant que l’eschalat de soi-mesme, ainsidroictement posé , ne peut servir qu’àtenir ferme le cep , sans en soustenir lesrameaux, comme il est très-nécessairepour préserver les raisins de pourriture
Veicha-
lasser.
La lier.