DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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Hoi'igner Usboutrs (Ussar-ment,s.
U^otter.
trainans à terre 5 le bon vigneron, à lafin du mois de Mai, et plustost., selon lasaison, relève le premier ject de la vignecontremont le charnier , là l’attachantavec de la paille longue mouillée, qu’onappelle à Paris , du pleyon, ou bienavec du jong , ou autre matière douce ,afin de ne blesser les tendrons, ou les rai-sins s’accroissent sans destourbier desvents ne de la pourriture : mesme ainsiaccommodés, exposés au soleil, ils enmeurissent plus facilement. Une seulefois ne suffit de lier ainsi la vigne , ains yfaut retourner plusieurs durant l’esté, yadjoustant ce que des rameaux s’accroistde jour à autre, et réattachant ce qui pardéfaut des liens, verse par terre. Sur toutne faut faillir à y revenir universellementau mois d’Aoust, pour de nouveau lierau haut du paisseau, le dernier jetton dela vigne : n’oubliant à chacune lois, prin-cipalement à la première, d’arracher lesrejects superflus par-croissans ailleursqu’ès bons endroits, pour d’autant des-charger les ceps, à ce que les raisins ayenttant plus de substance. Pour l’engrossis-sement desquels servira beaucoup de roi-gner les cimes de leurs rameaux commea esté touché ailleurs. Or comme cestevigne eschalassée rend plus de fruict quela basse : plus aussi désire-elle de cul-ture. Communément despuis l’avoir tail-lée jusqu’à la vendange , on lui donnetrois oeuvres : on la laboure ou houe aumois de Mars , à la mi-Mai, on la bisne :et on la tierce à la Sainct-Jan. En outre ,au commencement d’Avril, après y avoirplanté les eschalats, on la ligotte, qui estoster les pierres, mottes, et herbes quipourroient empescher le bourgeon : enJuin à cela retourne-on de rechef, ce
qu’on appelle bignoter. Aucuns ne secontentent de telle culture , quoi-quegrande , l’amplifiant selon le besoin etl’affection qu’ils ont à telle sorte de mes-nagerie. Si la vigne est assise en plaine ,pour la cultiver, sera prinse de touscostés qu’on voudra : maispourle mieuxà la manière des terres-à-grain , ce seraune fois d’un costé, et la suivante d’unautre : ainsi entrecroisant le labour , lefonds s’en maintiendra en bon estât. Enpente, cela ne se peut si bien accommo-der : par le plus facile endroit, le vul-gaire commence à cultiver ses vignes. Lesmieux entendus à ce mesnage , ne s’ar-restans à l’espargne , font mettre les pio-clieurs au plus haut endroit de la vigne,tirans la terre à-mont : prévoyant parartifice au mal qui avient à la vigne , etpar les pluies et par le naturel de laterre, dont elle est avalée en bas : si quen’estant par là retenue, les ceps d’en-haut, à la longue se treuveroient desnuésde terre, et ceux d’embas, trop couverts,à la ruine de toute la vigne, comme a estéveu ci-devant. Après vient en son rangla vendange : passée laquelle, appro-chans les froidures, la vigne sera hyver-née, oeuvre du tout nécessaire et fruc-tueuse. En certains endroits , comme enBerri, ce faisant l’on enfouit les ceps, lescouvrans entièrement de terre pour lesparer de la rigueur de l’hyver, demeu-rans ainsi cachés durant tout ce temps-là,si bien, qu’on diroit, les eschalats enlevéset retirés ailleurs , en ces quartiers-là n’yavoir lors aucunes vignes. Mais revenu leprintemps, comme sortans du sépulchre,les ceps sont déterrés et remis en leurpre-mier estât. Chose nécessaire est d’avoirsoin des eschalats, charniers, ou pai
Bignoter.
De quelcosté prendrele labour dela vigne t etcomment lefaire.
Où Us ccpsdemeurentcnterrh du-rant l'hvver.
Conserva-tion des es-