TROISIESME LIEU
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chaut, pour seaux, k ce que les faisant longuementdurer, pour l’espargne, l’entretien dela vigne en soit plus facile, sans se don-ner peine d’yen remettre de nouveau cha-cune année. En leur application y a del’artifice , moyennant lequel, ils sont debon service : pourveu aussi que leur ma-tière soit d’elle - mesme profitable. Lameilleure est, le bois de chastagnier ,celle d’après de chesne droict, et de re-fente : puis viennent les ormes, fresnes ,fousteaux , érables , et autres arbresjusques aux aquatiques , qui fournissentà ce service : toutes-fois , tant mieux etplus longuement, que plus droict et plusdurable en est le bois : comme en cestequalité-ci , les saules , peupliers , etaunes , cèdent à tous autres arbres , leurfacile pourriture ne leur permettant dureren la vigne plus d’un an. Pour donquesentretenir en bonté tels appuis, autantlonguement que leur naturel le permet ,dès l’entrée de l’hyver, on les arrache dela vigne , pour estre portés reposer sousles prochaines couvertures durantle tempsdes froidures, afin de n’estre exposés auxinjures de la saison : les pluies et geléesleur hastans la pourriture. Passé l’hyver,rapportés en leurs lieux , et réappoinctéspar le bout entrant dans terre, sont remisprès des ceps , pour y continuer leur ser-vice. Au défaut de logis , on emmoncelleles paisseaux dans la mesme vigne, endivers endroits , desquels ont faict desfaisseaux liés en deux ou trois lieux ,qu’on laisse par terre, non couchez deplat (de peur que l’humidité du fondsn’en pourrisse grande partie) ains re-levés d’un costé, par deux paisseaux setraversans l’un l’autre, en croix bour-guignonne, dont ne touchans la terre que
de l’un des bouts, se conservent assésbien.
Quant au fumer, s’il y a aucune vignequi le désire, c’est ceste-ci, pour pou-voir satisfaire à son port, excédant toutautre. Communément l’on lui donne dufumier la troisiesme ou la quatriesme an-née de son aage, qui est lors qu’elle com-mence à monstrer son fruict, continuantaprès par années, selon le besoin et lescommodités. On applique le fumier parrayons ( mesme pour la première fois ,avant que la vigne soit provignée) lesquelson creuse entre deux rangs de ceps, etremplis de fumier sont recouverts de terreenfermant ainsi sa vertu , avec utilité.Nous avons parlé du temps de ce mes-nage , et aussi des qualités et différencesdes fumiers : j’ajousterai ici, que le fu-mier du cheval est bon pour les vignes depays froid , et celui de vache, de chaud :ausquelles choses aviserés , avec raison-nable distinction pour l’honneur du vin :la bonté duquel, comme j’ai dict, esttous-jours empirée par le f umier, quelqu’ils soit, liors-mis par celui du colom-bieretdes cimes derameaux debouis(a8).A cela donques convient aller fort rete-nu : avec asseurance, que mieux vaudroitfaillir au fumer, qu’au labourer. Commecela s’expérimente au vignoble de Paris qui plus fumé que de raison, et non dutout si bien cultivé qu’il appartiendroit(par avoir plus de commodité de fumiers,sortans de telle grosse ville et de ses faux-bourgs , que de vignerons y venans desvillages d’alentour) rend le vin moinsbon , plus verd , et plus petit, que de laportée de son climat, dont il semble estredeshonnoré.
Ceste vigne est voirement de grande
Fumer lavigne^uand,comment } etde quoi.
La vigne