Band 
Tome I. IIe. Partie.
Seite
248
JPEG-Download
 

Vignes treiUîéei.

Manièretie les lier.

ME LIEU

248 T R O I S I E S

tous-jours davantage, à mesure quils sedessèchent : au préjudice de la vigne, quicraint fort destre serrée trop estroicte-ment, jusques-, que quelques-fois elleen est couppée. Parquoi faudra curieuse-ment distinguer ces ligatures , donnantles plus fortes , à lattache du bois mort,comme paux et perches j et les souppleset desliées , pour les liens de la vigne.

Mcsme considération est requise augouvernement de la vigne treillée, dequelque forme et figure quelle soit ,platte, en pendant, en berceaux, ton-nelles , voulceures ou autrement dispo-sées : excepté, que plus hautement on lesrelève sur terre, que celles à lignolot 5 etplus aussi quelles, les charge-onde testes,sans restrinctionde nombre, icelui dépen-dant de la faculté de la vigne. Sur le lierde la vigne, le vigneron notera ceci pourmaxime, que, défaire appuyer les dra-geons sur les perches, pour delles estresoustenus , et non du lien : de peur quele lien rompant, la vigne ne versast parterre : ou tenant bon, elle nen fust of-fensée , sa propre pesanteur faisant en-trer lozier dedans son bois comme fertranclieant, dont finalement elle enseroitcouppée. La vigne quon faict grimpercontre les murailles des jardins, veutmesme traictement que les précédentes,excepté que son tige vient de plus bas ,pour tant plus couvrir de murailles, la-quelle (à laide du treillis de bois posé audevant dicelle, soustenant la vigne) sencouvre entièrement, en y espardant sesrameaux, comme tapisserie, à plaisir syagraffans les jettons. Elle est délectableà la veue, et profitable, pour labondancede bons raisins en procédans : lesquelspar la chaleur venante de la réverbéra-

tion que cause la proximité de la muraille,se cuisent en perfection, mesnageant ainsila chaleur du soleil, qui, par tel artifice,en est de beaucoup augmentée j aussitelle sorte de treillage est invention depays froid : en chaud nestant guières enusage. Hors lapproche des murailles,telles vignes treillissées saccommodentès jardins par allées, avec ornement etmesnage : mais ne donnent les raisins tantmeurs, que celles qui joignent aux parois.

Le planter de toutes sortes de vignes ; commentappuyées , ne diffère en rien de celui des lignes apbasses, excepté des plus relevées , qui ne r " Je'peuvent estre édifiées que par chevelues.Toutàlafoisonplanteeteslèveces vignes-ci sur leur appui, pourveu quon aie deschevelues assés longues pour attaindrelahauteur des treillages. Les chevelues etles paux ou fourches, pour les supporter,sont mises ensemble dans la fosse, deuxchevelues à chacun pau , lembrassant dedeux costés, et attachées, demeure-ront pour tous-jours droictes , sans tor-tuosité , comme celles qui sen montentpar années. Cela est bien le plus beau ,mais non le plus profitable : dautant quele cep ne se peut si bien renforcer dupied, quil seroit à désirer, ayant à nour-rir trop de bois en sa première jeunesse,dont la vigne sen rend moins fertile pourlavenir, Parquoi , plus profitable seradattendre que le temps ait engrossi lesceps , que si par impatience on gastoit lavigne en son commencement. Trois ansen feront la raison , au bout desquels lavigne aura attaint la hauteur du treillage,en lallongeant chacun an , de ce quonverra estre nécessaire pour y parvenir :et lors on aj oindra aux ceps , les paux ,fourches, colomnes et autres soustene-

mens