Vignes treiUîéei.
Manièretie les lier.
ME LIEU
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tous-jours davantage, à mesure qu’ils sedessèchent : au préjudice de la vigne, quicraint fort d’estre serrée trop estroicte-ment, jusques-là, que quelques-fois elleen est couppée. Parquoi faudra curieuse-ment distinguer ces ligatures , donnantles plus fortes , à l’attache du bois mort,comme paux et perches j et les souppleset desliées , pour les liens de la vigne.
Mcsme considération est requise augouvernement de la vigne treillée, dequelque forme et figure qu’elle soit ,platte, en pendant, en berceaux, ton-nelles , voulceures ou autrement dispo-sées : excepté, que plus hautement on lesrelève sur terre, que celles à lignolot 5 etplus aussi qu’elles, les charge-onde testes,sans restrinctionde nombre, icelui dépen-dant de la faculté de la vigne. Sur le lierde la vigne, le vigneron notera ceci pourmaxime, que, défaire appuyer les dra-geons sur les perches, pour d’elles estresoustenus , et non du lien : de peur quele lien rompant, la vigne ne versast parterre : ou tenant bon, elle n’en fust of-fensée , sa propre pesanteur faisant en-trer l’ozier dedans son bois comme fertranclieant, dont finalement elle enseroitcouppée. La vigne qu’on faict grimpercontre les murailles des jardins, veutmesme traictement que les précédentes,excepté que son tige vient de plus bas ,pour tant plus couvrir de murailles, la-quelle (à l’aide du treillis de bois posé audevant d’icelle, soustenant la vigne) s’encouvre entièrement, en y espardant sesrameaux, comme tapisserie, à plaisir s’yagraffans les jettons. Elle est délectableà la veue, et profitable, pour l’abondancede bons raisins en procédans : lesquelspar la chaleur venante de la réverbéra-
tion que cause la proximité de la muraille,se cuisent en perfection, mesnageant ainsila chaleur du soleil, qui, par tel artifice,en est de beaucoup augmentée j aussitelle sorte de treillage est invention depays froid : en chaud n’estant guières enusage. Hors l’approche des murailles,telles vignes treillissées s’accommodentès jardins par allées, avec ornement etmesnage : mais ne donnent les raisins tantmeurs, que celles qui joignent aux parois.
Le planter de toutes sortes de vignes ; commentappuyées , ne diffère en rien de celui des lignes ap•basses, excepté des plus relevées , qui ne r " Je “'peuvent estre édifiées que par chevelues.Toutàlafoisonplanteeteslèveces vignes-ci sur leur appui, pourveu qu’on aie deschevelues assés longues pour attaindrelahauteur des treillages. Les chevelues etles paux ou fourches, pour les supporter,sont mises ensemble dans la fosse, deuxchevelues à chacun pau , l’embrassant dedeux costés, et là attachées, demeure-ront pour tous-jours droictes , sans tor-tuosité , comme celles qui s’en montentpar années. Cela est bien le plus beau ,mais non le plus profitable : d’autant quele cep ne se peut si bien renforcer dupied, qu’il seroit à désirer, ayant à nour-rir trop de bois en sa première jeunesse,dont la vigne s’en rend moins fertile pourl’avenir, Parquoi , plus profitable serad’attendre que le temps ait engrossi lesceps , que si par impatience on gastoit lavigne en son commencement. Trois ansen feront la raison , au bout desquels lavigne aura attaint la hauteur du treillage,en l’allongeant chacun an , de ce qu’onverra estre nécessaire pour y parvenir :et lors on aj oindra aux ceps , les paux ,fourches, colomnes et autres soustene-
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