DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. a5 7
Modernes.
le taraire : chose que la vigne hait qued’estre mal unie en sa couppe. Voilà lafaçon antique.
Maintenant avec moins de mystèreente-on la vigne ; c’est à la manière desarbres fruictiers, en fente ou au coin : ence poinct seulement différant des arbres,qu’elle ne prend entée sur terre, qu’àtrès-grande difficulté. Le cep deschaussédans terre, demi-pied ou trois quarts, etlà rondement couppé, est fendu en traversespargnant la mouelle : puis dans la fentesont mises deux crocètes , pour greffés ,joignans l’escorce du tronc des deux cos-tés : après doucement liées sans beaucouppresser avec des oziers mois et flexibles :finalement, le tout couvert d’argille etd’escorces de saule , ou de drappeaux ,pour le garder d’esventer, est rechaussé,laissant sortir sur terre seulement deuxoeils ou bourgeons des greffes. Plus facileque durable est la reprinse de ceste en-teure , ne pouvans les greffes recouvrir laplaie de l’incision du tronc : à cause quepar icelle, sort si grande abondance d’hu-meur , que suffoquant les greffes, les des-tourne de s’engrossir, dont langoureux,périssent dans peu de temps. A cela re-médie-on en divertissant telle humeur sur-abondante par incision faicte au pied de lavigne, plus bas que l’enteure : d’où commefontanelle, utilement, telle malignité dé-coule. Mais le souci de ceste singularité,et la peine qu’elle donne , rend vain leremède. Ce qui a causé l’invention d’enterles ceps au bout des sarmens , en les pro-venant, comme a esté touché, authori-sée par l’expérience. Dont l’heureux suc-cès monstre ne craindre la courte vie dela vigne, ainsi affranchie : attendu quesans importunité d’humeur , estans deThéâtre d’Agriculture , Tome I.
mesme aage le sauvage et le franc , en-semble de compagnie , se maintiennent.
Une large et profonde fosse sera faicteautour du cep que voulés enter, dans la-quelle renverserés le cep, escartans sesrameaux ès costés , les faisant recourberen haut parle bout. Quatre doigts sur larecourbeure, un pied dans terre, les sar-mens seront couppés rondement , puisavec un Cousteau bien trenchant, on enfendra trois doigts, et dans la fente appli-quera-on , pour greffe , le sarment fàicten coin, et si bien taillé, que ces deuxescorces des deux costés se joignent àcelles du sauvageau : à telle cause , l’unet l’autre estans choisis de pareille gros-seur , comme a esté dict. La plaie cou-verte d’un peu de cire ou d’argille, seraliée à tout du chanvre ou avec un oziermol et doux : et pour fin, le tout seraenterré, exceptés deux oeils ou bourgeonsde l’ente, qui ressortiront hors de terre ,comme dessus.
Tous lesquels entemens veulent estrefaicts au commencement du printemps,sans autre esgard de la lune, que des joursde sa plus grande foiblesse, montant oudescendant, qui peuvent estre six, qu’enceste action faut éviter. Comme aussi neconvient entreprendre d’enter la vigneès jours froids, venteux, pluvieux, ainspour ce faire, choisir le beau temps. Tou-chant l’élection des greffes et cions pour T clZ,Â?^“enter , autre manière de les bien co-gnoistre n’y a-il, que celle devant dicteaux choix des maillots ou crocètes, où sefaudra arrester. Observant ceci, que dese garder de tronçonner une crocète enplusieurs pièces , pour en faire diversentes ( faute trop lourde et irrémédiable)ains seulement enter les plus prochains
Kk
Temps d’en •ter la vigne.
choisir.