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Tome I. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE. 290

L'un jP r*i- Ce quils appelaient pressoirs , nes-

toient ce que nous recognoissons aujour-dhui sous tel nom : dautant quil nestlaict mention den tirer le moust parautre force , quavec le pied, y estansseulement les raisins foulés , et non pres-sés avec violence, comme nous faisonspar nos pressoirs. Cestoient seulementdes fouloires. posées par dessus la cuveà la manière de plusieurs de ces temps.Touchant les cuves, jestime que grandedifférence ny avoit-il des leurs aux nos-tres, sen estans les peuples en tous siè-cles, servis et de grandes et de petites,selon quon le recueille de Columelle;en ce quil commande au mesnager ayantgrand vignoble , dapprester des cuves dedix et de trois muids. Les Anciens ne fai-sans mention de la matière de leurs pres-soirs et cuves , nous font croire nestredautre que de bois, comme à cela la plusplus propre.

Lrun ton. Mais ils nous ostent de ce doute quantaux tonneaux , que tous les autheurs derustication nous asseurent estre de terrede potier, ceux de bois nestans en usagede leur temps en aucun endroit du mondequenPiedmont, etcestoitencores à leursavis , pour préserver les vins de la gelée,comme dict Pline ; lequel marque len-droit de son temps étoient dresséeset basties les fournaises pour la fabriqueet cuisson des barrils, et autres vases deterre, pour la fourniture de lItalie . De direque ce fussent seulement petits, et nongrands vaisseaux , il appert du contrairepar Columelle , quand il faict mentiondes tonneaux de onze et de quatre muids;ainsi est traduit ce passage et le précédentdes cuves, par Cotereau (82). Et de faictil falloit bien que les vaisseaux à vin fus-

sent bien grands, ou en eussent grandequantité de petits , pour loger labon-dance du vin que leurs vignes produi-soient, comme avons veu ( 83 ). De leurfigure, nen pouvons dire autre chose ;si ce nest quelle approchoit celle desnostres, estans ces tonneaux- longs etventreux parle milieu. Ils estoient posésdebout à la mode de nos cuves , et aprèsy avoir entonné le vin par la gueule re-gardant en haut, elle estoit fermée avecdes couvercles de terre quon y cimen-toit avec du piastre. La terre cuite estoit

-t * A # . enfouissoient

choisie pour frescliement tenir les vins : dans terre.et non-contens de cela les Anciens en-fouissoient les tonneaux dans terre tantplus profondément, que plus sujets àcoiTuption estoient leurs vins. Pour lesplus foibles vins , les tonneaux estoiententerrés jusquà leur bord : pour les au-tres , le tiers, la moitié ou les deux tiers,selon leur force ou foiblesse : mais pourles plus robustes , rien du tout, ainsi ren-geoient-ils les vaisseaux sur terre près etnon joignant lun lautre. Le vin logédans les tonneaux enterrés , est vrai-semblable ne se pouvoir tirer par basà nostre usage, ains de nécessité conve-noit le puiser par le haut , commelhuile : à quoi la peine estoit grande ,et encores plus le danger desventer levin , en reouvrant et refermant les ton-neaux pour la boisson ordinaire , tous-jours ne se pouvant tant justement re-clorre quil estoit à désirer. Des autrestonneaux nestans enfouis dans terre, nepeut-on asseurer comme le vin en estoittiré : seulement par Constantin-Césarsçavons-nous quils persoient leurs ton-neaux sans dire par cpiel endroit, en quoi,ne comment. Les Anciens craignoient la