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TROISIESME LIEU
Pierre de Crescens , qui écrivoit au quator-zième siècle , parle d’une espèce de vigne duterritoire de Milan , qu’il appelle pignolus , etqui pouvoit être le pinot, ou pineau {Rural,commodor. L. 4 > c. 4 -L On trouve , dans les Or-donnances du Louvre, des lettres de rémissionde 1.394 1 °ù il est question du pinoz, commed’un raisin supérieur aux treceaux et autresraisins. {F. D. N. )
Parmi le grand nombre d’espèces de vignesdont parlent les Anciens, Olivier de Serres encite vingt-sept, la plupart se retrouvent dansColumelle . Les travaux de Columelle sur lavigne , sont considérables , et pleins d’excel-lens préceptes. Il seroit désirable que ses ou-vrages fussent traduits par un cultivateur ins-truit.
Les botanistes rapportent à une seule espèce{vitis vinifera) toutes les vignes cultivées enEurope , soit pour la table ou pour la cuve. Ilsont cependant regardé aussi comme une espèce ,la ciotat ou doutât, ou raisin d’Autriche (vitislaciniosa) ; mais ce raisin 11e paroît être qu’unevariété du chasselat. Il y a d’autres vignes quisembleroientplutôt devoir être regardées commedes espèces.
Les espèces, races et variétés de la vigne, sonttrès-nombreuses , peut-être s’élèvent-elles à plusde deux cent j et ce nombre a fait naître peut-être aussi plus de quinze cent noms.
Sans parler de quelques autres genres qui serapprochent de celui de la vigne {vitis) , ilexiste , dans différens lieux, de véritables es-pèces de vignes , dont les fruits peuvent êtremangés ou convertis en vin ; par exemple, troisou quatre dans l’Amérique septentrionale.
Voici ce qu’on peut dire de plus vraisem-blable sur la signification des noms anciens citéspar Olivier de Serres .
I. Aminées. Les Anciens comptoient cinqsortes d’aminées.
i°. Grande germaine, ou véritable ; deger-manus.
2 0 . Petite germaine ; nouoit mieux son fruitet plutôt.
3 °. Grande jumelle ; jumelle, parce qu’elleportoit deux grappes à la fois. On en distin-guoit une variété.
4 °. Petite jumelle.
5 °. Laineuse; à cause du duvet de sa feuille ;fournissoit un vin plus léger.
Ce nom Aminée , étoit celui d’un lieu célèbredans la Campanie , près de Falerne.
II. Venunculles , ou venuculc , venicule. Seconservoit l’hiver pour la table. Horace enparle.
III. Ceraunies , mieux cerauniens. Raisinpour la table. Ce nom paroît être celui des montsCerauniens , ou être tiré de l’éclat d’une pierre,nommée ceraunia.
IV. De Rodes. Nom de lieu. Ce raisin étoitpour la table.
VI. Maronnées. Nom de lieu.
VIL Vésuviennes. Du Vésuve ; nom delieu. La petite germaine y croissoit.
VIII. Nomentanes. Nom de lieu. On lesnommoit ausi rubellianœ , à cause de la couleurrougeâtre de leurs sarmens, ou Jœciniœ , parceque leur vin déposoit beaucoup de lie. Cesvignes, dont le raisin étoit noir, étoient plusfertiles que les aminées : mais leur vin étoitmoins estimé.
IX. Visules. De visula {Columelle) ,• nomd’une espèce de vigne.
X. Eugénies , ou de bonne nature. Ce motsignifie excellent. En effet, leur raisin étoit re-gardé comme tel. Cette vigne croissoit sur leterritoire d’Albe .
XI. Helvoles, ou variance. A cause de la cou-leur du raisin , entre le rouge et le blanc. Ca-ton entendoit par l’épithète helvolum , jointe aumot vinum , du vin paillet. Le vin de cettevigne étoit regardé comme de deuxième qualité.
XII. Argites. D’Argos , ville du Pélopo-nèse. On en comptoit une grande et une petiteespèce.
XIII. Cocolubes. Variété plus petite de lavigne suivante ( basilica , basilique).
XIV. Basiliques ou royales. Ainsi nommé, àcause de la bonté de leurs fruits. Leur vin 11’é-toitregardé que de deuxième qualité. Ces vignesétoient originaires de Grenade , en Espagne .
XV. Perqualanes. Vient de pergulana , nomde ville. D’autres personnes pensent qu’il tireson origine de pergula , treille.