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3-24 T R O I S I E S M E LIEU
C. Tourton , dans le Clos-Vougeot, départe-ment de la Côte-d’Or . Aucun de ceux qui l’ontindiqué ou employé , n’a fait connoître la sourceoù il l’avoit puisé ; et tout récemment encore onl’attribuoit , dans quelques journaux, à Cho-mel, auteur d’un Dictionnaire économique quia paru plus d’un siècle après l’ouvrage d’ Oli vier de Serres , qu’il a souvent copié. Il paroit,au surplus , que très-anciennement dans le Bor-delois , toutes les herbes que l’on arrachoit ennettoyant les vignes , étoient mises sur les bordspour être employées à l’usage indiqué par Oli vier de Serres . {Du. et H.)
(38) Les insectes qu’ Olivier de Serres dé-signe sous le nom de coigneaux } sont deux es-pèces de charençons connus des vignerons sousles noms d 'urbec, urbere , becmou, coupe-bour-geons , bêche, lisette, lis et, velours-vert, des-traux , etc. ; et des naturalistes , sous ceux decurculio bacchus, .luih. ‘ curculio betulœ, Lin.Ces deux charençons paroissent sur la vigne ,lorsque le bourgeon a environ six à sept pouces(dix-huit à vingt centimètres) de longueur ; ilss’attachent aux feuilles nouvelles , qu’ils roulentet tournent en spirale. Ils pondent dans les re-plis qu’ils ont formés , deux œufs extrêmementpetits , qui sont placés dans des circonvolutionsdifférentes. On trouve souvent renfermés dansces cornets , formés par les feuilles , le mâle etla femelle. Avant de rouler les feuilles, ils ontl’attention de couper le bourgeon à moitié ouau deux tiers , parce que, si la sève s’y répan-doit avec trop d’activité , ils ne leur trouve-roient plus la flexibilité nécessaire pour les con-tourner selon leurs besoins. La forte incisionqu’ils font aux bourgeons , est le principe dumal, puisqu’elle détruit l’espoir de la récolte.La larve de ces charençons n’est pas moins fu-neste à la vigne que l’insecte parfait, puisqu’ellese nourrit , comme lui, du bourgeon et du pé-duncule des feuilles , et même des racines , lors-que les vicissitudes de l’atmosphère la forcent àchercher une température plus égale , en s’en-fonçant dans la terre , lors de la chute desfeuilles.
Au reste , pour détruire ces insectes , il vautbeaucoup mieux couper les feuilles où ils sont
renfermés, les réunir dans un tablier ou dans unsac , les porter hors de la vigne , et les brûler ,que de se contenter, comme le recommandeOlivier de Serres , de les piétiner pour écraserles œufs ; parce que , la plupart du temps , lesinsectes et leurs œufs échappent à l’effet de cemouvement. Quant aux larves qui pénètrentjusqu’aux racines, Olivier de Serres recom-mande , avec raison , plus loin, de cultiver sou-vent le fond de la vigne pour rompre leurs nids,les empêcher de s’engeancer, et les détruire. {H.)
CHAPITRE VII.
(3g) L’usage où étoient les Anciens de fixerl’époque des vendanges , s’est conservé jusqu’ànos jours, dans la plupart des pays vignobles dela France . Il n’y a pas encore douze ans que cetteépoque étoit solemnellement proclamée par lesmagistrats , accompagnés d’agriculteurs intelli-gens et expérimentés ; et aucun propriétaire devigne , n’osoit vendanger , que lorsque la per-mission générale étoit accordée ; un pareil usagepouvoit, à la vérité, entraîner avec lui des incon-véniens , mais aussi il avoit ses avantages ; etc’est peut-être à sa religieuse observation qu’ondoit d’avoir conservé , dans toute son intégrité,la réputation des vins de Bordeaux , de Bour gogne , et autres pays de la France. On appel-lera, si on veut, un tel règlement servitude ; oninvoquera, pour le proscrire , le droit sacré depropriété , de liberté ; on fera reposer la garan-tie de l’intérêt général sur l’intérêt du proprié-taire ; ce n’est pas ici le lieu de discuter cettequestion ; mais on observera seulement que l’é-tablissement d’un tel usage en pourroit démon-trer la nécessité , parce qu’il suppose des causesqui l’ont rendu nécessaire. On peut même ajou-ter que son abolition a mis la fortune publiqueà la merci de quelques particuliers , puisquel’individu qui coupe prématurément ses raisins ,force ses voisins à l’alternative d’une vendangeprécoce, et que l’étranger n’ayant plus de ga-rantie pour ses achats , retire ses ordres , parcequ’il ne saitplus où reposer sa confiance. L’in-dividu ne voit jamais que le moment, il appar-tient à la société entière de prévoir l’avenir; elle
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