Band 
Tome I. IIe. Partie.
Seite
336
JPEG-Download
 

336

TROISIESME LIEU

Ta »*: 296 ,colonne II tligue dern.

Page 297colonne IIligne 13.

CHAPITRE XII.

(87) Cest mal-à-propos quon donne aux li-queurs préparées , comme il vient dêtre dit, lenom de vin , car elles ne contiennent pas unatôme dalcool, principe essentiel à la compo-sition de toute espèce de liqueur vineuse. Deuxraisons suffisent pour prouver que les vins cuitsne contiennent pas et ne peuvent pas contenirdalcool. La première est, que ne laissant pasfermenter le moût après son expression , il nepeut pas y avoir dalcool formé ; la secondeest, que quand même il existeroit de lalcooldans le moût, il devroit être dissipé par le faitmême de lébullition à laquelle on expose cedernier.

Quoiquil en soit, les vins cuits , lorsquilssont faits avec de bons raisins bien mûrs, offrentune liqueur presque syrupeuse et agréable augoût, sur-tout lorsque , pour les préparer , on arecours à une évaporation ménagée , et aussilorsquon ne porte pas le fluide jusquau dégréde lébullition ; autrement on risqueroit de dé-composer une grande partie des matériaux im-médiats du moût, et au lieu dune liqueur agréa-ble , elle deviendroit âcre.

Quand on veut avoir du moût bien clair , ilconvient, lorsquil approche du terme de sonévaporation , de le clarifier avec des blancsdœufs, et de le passer à travers des étoffes delaine qui ne soient pas trop serrées. On le dé-barrasse , par ce moyen , de toutes ses impure-tés , et il acquiert une transparence parfaite quilneut conserver long-temps. {De.)

(88) Le raisiné nest sujet à se moisir quelorsquil na pas été suffisamment cuit ; car quandsa cuisson a été portée assez loin, et quon a eusoin de ne le mettre en pots que lorsquil esttout-à-fait réfroidi , il se conserve plus dedeux ans sans éprouver la moindre altération.

Quelques personnes recommandent de cou-vrir sa surface avec du sucre en poudre, bien sec.Cette précaution est bonne à prendre , et doitnécessairement prolongerla durée de cette sortedextrait. Les vases qui contiennent le raisinédoivent être placés dans un endroit qui ne soitpas humide , et dont la température nexcède

pas celle de cinq à six degrés au-dessus du termede la congélation. (De.)

(89) Sans-doute il faut bien tirer parti de cesvins détériorés ; mais comme ils ont éprouvé uncommencement daltération dans leurs principesconstituans , par une fermentation étrangère àcelle de lacétification , il nen résulte toujoursquun vinaigre fort médiocre pour lodeur , legoût et les effets. Dans cet état ils pourroientservir à lentretien de ce vinaigre domestique ,dont le procédé très-simple nest pas assez géné-ralement connu , et que voici :

On achète un baril de vinaigre , on en tire cequon doit consommer dans le ménage pendantun mois ; on le remplit par une même quantitédevin , on le bouche légèrement avec du papierou du linge , et on le tient dans un endroit tem-péré. Au bout du mois on prend de nouveau laquantité de vinaigre dont on a besoin , et quonremplace par du vin comme la première fois. Encontinuant ainsi tous les mois cette manœuvrede retirer et de remettre , le baril fournit tou-jours de bon vinaigre, sans quil se forme demarc ni de dépôt sensible. Il existe , dans beau-coup de ménages, du vinaigre, dont la premièrefondation remonte au-delà de cinquante ans ,et qui est encore excellent. (P.)

(90) Limperfection de la théorie chimiqueà lépoque de la publication de tout ce qui aparu de plus méthodique , concernant lart defaire le vinaigre , a influé nécessairement sur lesprincipes établis dans ces ouvrages ; mais la-cétification est trop avancée aujourdhui pouradmettre littéralement ce que propose Olivier de Serres , quoiquil eût entrevu cette grandevérité , dont sont pénétrés les vinaigriers dOr­ léans , savoir que le meilleur vinaigre est fait dumeilleur vin. En soumettant le vin aigri spon-tanément à lébullition , il en change la nature ,il donne lieu à lévaporation de lalcool dontla présence dans le vin contribue évidemmentà la formation et à la force du vinaigre.

Depuis que la conversion du vin en vinai-gre est devenue un art soumis à des lois , ona remarque que plusieurs conditions étoient in-dispensables pour déterminer la fermentationacéjeuse , et obtenir un résultat parfait.

Page 29?.colonne I tligne l.

Page id.colonne IIligne 7,

La