DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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besoin de l’être , et on les replace dans la posi-tion où elles étoient ; on bouche le trou infé-rieur avec la cheville, et on remplit la caisseavec la graine du millet qui y étoit auparavant,après toutes fois avoir pris la précaution de lafaire sécher pour faire évaporer l’humiditéqu’elle auroit pu contracter ; enfin, on met lecouvercle sur la caisse. Avec de telles précau-tions , on peut être sûr d’avoir des raisins quise conservent frais pendant plusieurs mois.
Les derniers procédés indiqués par Olivier deSerres , d’après les Anciens, ne sont pas aussibons que les précédens, aussi ne doivent-ils pasleur être préférés. {De.)
CHAPITRE XIV.
Page Soi, (95) Toutes les éditions d’ Olivier de Serres 1 ’ P ortent; I e mot anet j c’est une faute, il faut lireauet {avet).
Olivier de Serres a tiré ceci du douzième livrede Columelle , de la traduction de C. Cotereau yque nous avons déjà citée ; voici ce qu’on y lit,page 544 : “ Aucuns gardent ainsi les raisins» verds, avec de la scieure seiche du bois de» peuplier , ou d’auet, qu’on dict en latin ,» abies. »
Le texte de Columelle porte : « Quidam eadem» ratione arida populnea vel abiegna scobe» virides -vuas ( uvas ) custodiunt. 33 (Edition deGesner ; Leipsick, iy 35 , tomel, page 807.)
AvetesX un mot anciennement usité pour si-gnifier le sapin ( pinus abies des botanistesfrançois , pinuspicea de Linné). Ce mot est en-core usité aujourd’hui dans quelques parties dela Suisse . Les Italiens nomment le sapin abete.
{Ce. et H.)
Page 3o3 , (96) La dégustation est certainement le meil-
cchnnt 11, J eur m0 yen de s’assurer de la qualité d’un vin
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qu on conserve en tonneaux ; elle seule suffitpour faire connoltre l’état où se trouve ce fluide,et mettre à même de prononcer sur les degrés deperfection qu’il acquiert, ou sur la détériorationqu’il éprouve. Mais pour tirer tout le parti pos-sible de la dégustation, il faut qu’elle soit pra-tiquée par des personnes très-exercées à cettesorte d’opération, et qui , par cela même ,
soient capables de discerner ce qu’il faut craindreou ce qu’il faut espérer. Les bons dégustateursne sont pas aussi communs qu’on pourroit lepenser ; aussi ceux qui récoltent beaucoup devin pour en faire le commerce , doivent-ils cher-cher à s’en procurer un, et le charger de la di-rection de leur cave. {De.)
(97) Olivier de Serres a bien raison de traiterde superstition les précautions que les Anciensprenoient d’observer scrupuleusement le jourde la lune et celui de la semaine pour tirer leursvins. Quelques personnes , encore aujourd’hui,ajoutent foi à de pareilles puérilités ; mais sielles vouloient se donner la peine d’examiner,avec soin, s’il y a une différence entre un vintiré , par exemple , le lundi, et celui tiré lemercredi ou le vendredi, elles acquerroientbientôt la preuve qu’il n’en existe aucune , etque tous les jours conviennent également pourfaire cette opération , quand , d’ailleurs , le vinn’est pas en travail, et qu’il a tous les carac-tères extérieurs qui annoncent qu’il est en bonétat. {De.)
(98) C’est une chose bien essentielle pourquiconque fait commerce de vin , et même pourceux qui en récoltent pour leur consommation,de s’assurer de la durée de cette liqueur ; caril est bien certain que , s’il y a des vins quipeuvent se garder long-temps, et qui mêmes’améliorent en vieillissant, on en connoît aussibeaucoup dont la durée est si courte , qu’elle neva pas même jusqu’à un an. Le moment de laboite de ces vins doit donc être saisi ; pour peuqu’on le laisse passer , ils s’altèrent tout-à-coup , et ne sont plus potables.
En général , tous les petits vins se gardenttrès-peu de temps ; et si quelques fois on voitleur durée se prolonger , c’est parce que la sai-son aura été favorable à la vigne qui a produitle raisin avec lequel ces vins ont été faits , ouqu’on a apporté beaucoup de soin dans les tra-vaux de la vinification. {De.)
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(99) Vues et Questions sur la Vigne.
§. I er . Réflexions préliminaires.
Il ne faut pas être buveur pour s’intéresser àla vigne. Je commencerai donc ici, comme le
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Idem ,ligne dern.