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T II O I S I E S M E LIEU
et la chaleur sont nécessaires, c’est-à-dire, dansles mois de Juin et de Septembre ( Prairial etFructidor ) ; aussi est-il passé en proverbe ,que c’est le mois de Septembre ( Fructidor) quifait le vin, c’est-à-dire , qui lui donne la qua-lité , comme la température modérée du mois deJuin (Prairial) contribue à la quantité. Il est vraique si le mois de Septembre (Fructidor) étoit enmême temps chaud et très-sec , la quantité devin diminueroit beaucoup , et il ne seroit pointde garde , à cause de la trop grande maturitédu raisin : car le vin un peu vert se conservemieux et p>lus long-temps , il n’est point sujet àtourner à la graisse dans les chaleurs. Il peutencore arriver que des années chaudes et sèches,en un mot, des années favorables et qui pro-mettent beaucoup , soient cependant très-tar-dives , et ne permettent pas au raisin de mûrir,à cause d’un orage accompagné de grêle , quisera survenu. Cette grêle ne fera par elle-mêmeaucun tort à la vigne , si elle tombe avec lapluie ; mais elle réfroidit l’air , et suspend lavégétation pendant des temps quelquefois con-sidérables , et dans des circonstances où lavigne en a le plus besoin 5 l’année est donctardive ; et l’on sait que dans les années tar-dives , le vin a ordinairement moins de qualitéque dans les années hâtives. »
I X.
Le C. Cotte termine cet article en marquantle temps des pleurs de la vigne, de la fleur etde la maturité du raisin.
La table particulière qu’il avoit dressée dutemps des pleurs et de la fleur de la vigne , luia appris que les pleurs les plus hâtives , avoienteu lieu le 9 Février, et les plus tardives le 2.5Avril ; ainsi le temps moyen des pleurs doitêtre fixé à la mi-Mars , ou au commencementde la dernière décade de Ventôse.
A l’égard du temps de la fleur, elle s’est dé-veloppée au plutôt le 8 Juin , et au plus tard ,le 6 Juillet. Le temps où la vigne fleurit ordi-nairement , est donc la fin de Juin , ou versle 10 Messidor.
Enfin la récolte la plus prématurée s’est faitele 1 5 Septembre , et la plus tardive s’est faite lei 5 Octobre ; le temps moyen de la vendange
est donc la fin de Septembre , ou le commen-cement d’Octobre , vers le 10 Vendémiaire.L’année 1770 a été la plus tardive des trenteannées comprises dans la table dressée par leC. Cotte.
On sent, d’après cet apperçu , combien lesrésultats d’observations de ce genre devien-droient importans pour les cultivateurs , si l’onavoit des tables de cent cinquante ou deuxcents ans. Mais on n’a commencé à faire cesobservations d’une manière régulière , qu’en1760. Ce fut l’illustre Duhamel qui en fit sen-tir l’importance, et qui en commença l’exécu-tion annuelle à l’Académie des Sciences. 1
Je joindrai à ces résultats sur la vigne , dansle climat de Paris , un petit nombre d’observa-tions détachées, prises dans la suite de cellesque renferment les Mémoires de la Sociétééconomique de Berne .
Novembre , 1761.
c< Plusieurs vignerons prennent le parti dedonner à leurs vignes un labour avant l’hiver.Cet usage commence à s’étendre. A Chailly, untrès-bon vigneron et bon économe , nomméAnet , ne manque jamais, depuis bien des an-nées , de donner un labour à ses vignes aprèsvendanges, jusqu’à Noël , quand le temps lepermet, et que la terre n’est pas trop mouillée.
Il pratique cela avec succès. Des vignes quiétoient sujètes à geler, ne gèlent plus. Il ré-sulte , d’ailleurs , de très-grands avantages dece labour d’automne. »
« Il plante aussi toutes ses vignes en au-tomne , contre l’usage ordinaire , et avec grandsuccès. »
Août , 1762.
« On a vu cette année le bien que les terresneuves font aux vignes. Par-tout où l’on en amis abondamment , les raisins , sont en grandnombre , beaux et gros, les feuilles vertes, etles bois couvrent les échalas. »
Novembre , 1762.
« On a arraché les échalas à Cottens , comme ilse pratique à Lavaux et ailleurs. Cette opération