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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

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seau ,jours

coup , et ne diffèrent essentiellement que parla grandeur ou la capacité du tonneau.

Lorsque le mélange est fait , on lagite for-tement , pour bien mêler le tout ensemble.Cette opération sépare les pépins de leur suc,et les fait monter sur la superficie. On les retireavec un crible , et la liqueur reste dans le vais-bien couvert , durant une couple de, jusquà ce que la fermentation com-mence. On la laisse continuer environ troisjours , selon le temps quil fait, cest-à-dire ,jusquà ce quelle ait bien mêlé la partie char-nue des troken-beers avec le jus ordinaire. Ilest essentiel de lagiter soir et matin , et denretirer les grains. Si on laisse prolonger la fer-mentation trop long-temps , les peaux des rai-sins donnent à la liqueur une teinte brune ,désagréable , et déposent au fond du tonneauun sédiment considérable. Il ne reste plus quàtransvaser la liqueur à travers une toile ou untamis , dans le vaisseau lon se propose de lalaisser. On porte ensuite le marc ou résidu surle pressoir. Quelques-uns sont dans lusage deverser le vin commun sur ce marc ou résidu ,après quil a été pressé ; mais quand le pres-soir est bon, le vin ordinaire y gagne peu dechose.

Lorsquon laisse une certaine quantité detroken-beers ensemble , la pression fait distillerune partie de leur jus ou de leur sirop , quonrecueille avec grand soin , sous la dénominationdessence. Elle ressemble, par sa consistance ,à de la thériaque.

On nemploie pointdingrédiens pour clarifierces vins , ni pour les conserver. On doit avoirsoin de tenir les tonneaux pleins , et déviterque leur extérieur ne soit mouillé ou humide.

On fait de lausbruch ailleurs quà Tokai;à Saint-Georges, à Ratschdorf, et à Menische-Ausbruch. Ce dernier est rouge, et on le pré-fère à celui de Tokai. On en fait aussi dans lecomté dOEdenberg.

Les meilleurs de ces vins ne restent pas long-temps dans leur pays natal. Les nobles de tousles cantons de la Hongrie en enlèvent unegrande quantité. Il en passe beaucoup dans lescomtés de Zips et de Liptau , d on les ex-porte dans la Pologne . Les magnats polonois

sont les meilleures pratiques, particulièrementpour lausbruch , qui est le plus cher des vinsde toute lEurope. Il coûte à-peu-près un ducatla bouteille , cest-à-dire , près dune demi-gui-née (douze francs).Dans un café M. Townsona diné une fois avec quelques amis , on les ser-vit fort simplement, et le prix fut en consé-quence très-modeste ; mais comme ils avoientbu du Tokai après le vin ordinaire , lorsque legarçon vint recevoir son argent, il demanda àchacun des convives , combien il en avoit bu deverres , et il ajouta vingt creutzers (à-peu-prèstrente - six sous, argent de France ) , pourchaque verre.

Ici M. To-wnson fait des réflexions quil fautcopier littéralement. Laissons-le donc parlerlui-même.

« Le vin de Tokai est sans contredit très-

bon , mais pas assez , selon moi, pour le prixquil coûte. Je suis persuadé que si ce nétoitpas en faveur de la rareté , la plupart de mescompatriotes préféreroient du bon vin de Bor­ deaux ou de Bourgogne , qui ne coûte guèresplus dun quart du Tokai. Jajouterai quontrouve en Espagne des vins liquoreux , qui meparoissent tout aussi bons, et quà moins quele Tokai ne soit très-vieux , il est beaucouptrop mielleux pour le palais dun Anglois. Aureste, je sais quon ne doit pas disputer desgoûts ; cependant , je ne sais pas si mes bonsamis de Hongrie me pardonneront davoir donné,à cet égard, à gauche : car ils sont fort préve-nus en faveur de leur chère patrie et de ses pro-ductions. Jai entendu souvent dire à plusieursdentreux , que les vins les plus médiocres deleur pays sont infiniment supérieurs aux meil-leurs vins de France . On connoît le conte quona fait dans ce pays de lor végétal , qui croissoitparmi les raisins des vignes ; car un grandnombre décrivains Hongrois nont pas hésité àrépéter cette étrange histoire. M. Grossinger ,qui a publié, ou cette année, ou au moins dansle cours de la précédente, un ouvrage latin très-volumineux , sur lhistoire naturelle de la Hon­ grie , donne lexplication suivante de la couleurdes dents des brebis. Si -veto fulgor perennisest , aura tribuipotest , quod in vegetabilibusmontance Hungariœ delitescit. Et M. JVin-

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