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QUATRIESME LIEU
rage 5o3, (3) Quoique le classement des bestiaux éta-
Hgne io. ‘ kli par Olivier de Serres , soit en général bon,cependant on pourroit le rendre plus complet;par exemple , de cette manière :
I. Le gros bétail.
§. I. Bêtes chevalines :
i°. Cheval entier , cheval hongre , jument,poulain , pouliche ;
2 °. Ane, ânesse, ânon (jeune âne, mâle oufemelle ) ;
3°. Mulet, mule, muleton (jeune mulet,mâle ou femelle ).
§. II. Bêtes bovines :
Taureau , bœuf, vache , veau mâle, veau fe-melle (vêle ), ayant des cornes , ou sans cornes.
§. III. Bufles :
Bufle mâle entier, bufle coupé, buflesse,buflon, buflonne.
II. Le menu bétail.
§. I. Bêtes à laine :
Bélier, mouton , brebis, agneau , agnelette.
§. II. Bêtes à poil :
i°. Bouc, chèvre, chevreau, chevrette.
2 °. Cochon entier (verrat), cochon coupé(porc) , truie, jeune cochon , mâle ou femelle.
Les bufles servant à l’agriculture , doiventêtre placés parmi les animaux domestiques. ( T.)
idem, (4) Les bêtes à laine, sans doute, se plaisent
f.otonne II, 11a. . v 1
ligne i 5 . P eu dans les pâturages marécageux , où lesherbes sont grosses et dures ; mais elles nehaïssent pas les terreins frais , qui donnent unepâture abondante et tendre , quoique cette pâ-ture leur soit nuisible ; c’est sur-tout quand ellesont été nourries au sec , qu’elles s’y portentavec plus d’empressement. On sait, en général,que si on n’a pas l’attention de les en écarter,elles gagnent la maladie appelée pourriture ,qui est le plus haut degré de la cachexie aqueuse.Les terreins secs et élevés conviennent mieuxà ce genre de bétail , qui est d’une constitutionfoible , lâche et susceptible d’infiltration.
Quant aux chèvres , moins sujettes à lamême maladie , on doit cependant leur éviterles lieux bas et humides , moins parce qu’elleséprouveroient un effet aussi prompt que lesbêtes à laine , que parce que leur nourritureordinaire est celle qui croît sur les coteaux ,
telles que les feuilles d’arbrisseaux , les plantessèches, etc.
Les bufles seuls paraissent se plaire dans leslieux marécageux, dans les étangs ; et les plantesqui y croissent conviennent également à leurnourriture. (T.)
CHAPITRE IL
(5) Olivier de Serres distingue les prés en Page 504sauvages ou naturels, et en prés francs. Sous co,onneI >
t ° . ' L ligne 5.
Ja dénomination de sauvages , il comprend lesprés que la Nature seule fait, tels que le sol desbois , des montagnes, des landes, des marais , etles prés qu’on forme en laissant de perpétuellesjachères , soit en terrein maigre et difficile àcultiver , soit en terrein gras et bon. Il conseillede soigner ceux-ci, quand ils se remplissentde mauvaises herbes, en les labourant et y se-mant de bonnes graines. L’auteur, à ce qu’ilparait, regarde comme utile , presque commeindispensable , d’avoir des endroits où les bes-tiaux puissent aller librement pacager , puisques’il 11 ’y a point de pacages faits par la Nature ,dans une exploitation , il pense qu’il convientd’en créer; mais il n’est pas prouvé qu’il vaillemieux tenir long-temps les bestiaux au pâtu-rage , qtie de les tenir enfermés dans les étables ,où l’on peut les nourrir avec des fourrages secs ,des racines et des graines : on croit même, nonsans fondement, que cette dernière économie estpréférable, à cause des engrais qu’elle procureen plus grande abondance.
Les prés francs , objet du chapitre suivant ,sont de deux sortes ; savoir : les prés qu’onsème en graminées , pour en faucher annuelle-ment l’herbe, et pour la faner; ceux-ci ne dif-fèrent des prés sauvages , qu’on sème exprèspour avoir un pacage , que parce qu’on n’enfauche pas l’herbe, et parce qu’on les renou-velle quelquefois ; et les prés artificiels , c’est-à-dire ceux qu’on forme avec d’autres plantesque des graminées ; on les fauche aussi une oudeux fois tous les ans ; on en dessèche les herbespour l’hiver. Lesjirés artificiels, suivant le genrede plantes qui les composent, durent un tempsquelquefois assez considérable , ou seulementquelques années ; plusieurs , une seule année
seulement ;
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