DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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seulement ; tels sont la luzerne , le sainfoin ,le trèfle , les pois, les vesces , etc. ( T. )
rage 5o.(, (6) Les farrages sont des mélanges de divers
lignes grains, qu on seme ensemble , pour la nourri-ture des bestiaux. Voyez ci-après, chapitre VI,note ( 45 ). ( T . )
Mtm, (y) Ce mot vet est languedocien : on dit en-
'S'“ “ 9 - CQre aujourd’hui une terre , un pré en vez, endevez , en de vois e, pour exprimer une lande ,une pâture enclose en pierre sèche , et danslaquelle on met ordinairement les moutons etautres bestiaux.
On appelle , en Languedoc, le vet, la loi quidéfend de mener paître aucun bétail dans lesvignes, dans les prés et dans les olivettes, dansle temps qu’ils sont en défense ; de vetitum.
Véer est un vieux mot françois , qui signifiefaire défense ; de vetare. Uevéer a la mêmesignification , défendre ; de devetare.
Ainsi, Olivier de Serres veut dire ici qu’il serafacile au père de famille d’avoir, pour l’hiver ,une réserve destinée à la pâture de ses bestiaux,si sa terre est en défense, ou enclose.
Quelques éditeurs du Théâtre d’Agriculturene s’étant pas donné la peine de chercher l’ex-plication de ce mot (qu’ils auroient trouvée dansMénage ) , l’ont regardé comme une faute , etont mis : si vostre lieu est en vert ; ce qui leura paru plus probable , puisqu’il s’agissoit depré et de pâture.
Dans l’édition in-folio, de 1600, et dans plu-sieurs autres , Vet est mis avec un ^capital :la forme typographique de cette lettre V paroîtl’éloigner un peu de et qui est à côté , et quicomplète le mot Vet ; cette forme a induit le der-nier éditeur (M. Gisors ) dans une autre erreur :il a cru qu’ Olivier de Serres vouloit dire que lepère-de-famille auroit des ressources pour sesbestiaux, si sa terre avoit la forme de la lettre V,et il a mis : cela vous sera facile, si votre do-maine est en V, comme il s’en trouve plusieursdans ce pays (édition en 4 volumes in-8°., remiseen françois en l’an XI, tome II, page îo). (H.)
Page 5 o.O , ' (8) Il est certain que les bestiaux qui paissent
’ttgnt'dern ^ ans ^ es prairies humides ou marécageuses, sontexposés à plus de maladies que ceux qui ne
Théâtre d’Agriculture , Tome /.
fréquentent que des pâturages secs ou situésen lieux où l’eau ne croupit pas ; mais on ne peutpas dire que cela vienne d’une maligne naturedes herbes. Trop abreuvées d’eau, elles sont peunutritives sans doute , et sous ce rapport, nesont pas propres à tenir les animaux en bon état.Mais il y a loin delà, à une qualité délétère. Noussavons bien que , dans ces sortes de pâturages ,il croît des plantes caustiques , telles que des re-noncules, et des plantes très-aromatiques, tellesque certaines menthes ; mais, pour en inférerqu’elles rendent les animaux malades , il fau-droit qu’il fût prouvé qu’ils en mangent. Neseroit - il pas plus raisonnable d’attribuer lesmaladies contractées dans les marais, ou àl’exhalaison de quelque gaz, ou à des insectesqu’avalent, avec les plantes, les animaux qui lesbroutent? Cette dernière idée semble autoriséepar le pissement de sang qu’on remarque dansplusieurs maladies de bestiaux. Je suis étonnéqu’on n’ait pas examiné plus soigneusement cettecause. ( T. )
CHAPITRE III.
(9) Il n’est malheureusement pas toujours Ta , e 5o5vrai que les foins ne craignent ni tempêtes , ni cohna» 11,orages , qui, quelquefois leur font beaucoup de l ' sn ‘ * 3 ’mal, soit en les couvrant de sable ou de terre ,soit en les entraînant , après la coupe, soit endétruisant les fanes, ou en les privant de graines.
Ces effets ont lieu , sur-tout quand les tempêteset orages sont accompagnés de pluies abondantesou de grêle. (T.)
( 1 o) Quoiqu’il y ait des étangs qui exigent dela dépense , les prés , taillis et étangs sont , en li s , “ *7-général, de petit entretien. Il n’en est pas demême des moulins, sur-tout des moulins à eau ,qui coûtent toujours beaucoup. Pour que Catoneût raison , il faudroit que les moulins dont onse servoit en Italie , de son temps , eussent étéd’une construction plus simple et moins dispen-dieuse que les nôtres. Au reste, c’est par com-paraison avec les terres à grains , qu’il fauttravailler toute l’année , pour ainsi dire, queCaton , et après lui Olivier de Serres , jugentici. ( T.)
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