DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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plus ancienne , et me paroit la meilleure. D’ail-leurs , si on se rappelle qu 'alfana -vient à?equus,on verra qu’il seroit bien plus facile encore defaire venir foderagium de farrago. ( H.)
Olivier de Serres ne conseille pas de choisirles plus beaux grains pour former les farragiàres,mais d’y employer les criblures seulement, dufroment, du seigle et de l’orge , parmi lesquellesse trouvent de l’ivraie, de la vesce , de l’avoine,de l’orobe ou ers , etc. Au lieu de jeter ces cri-blures , comme on fait le plus souvent , sur lesfumiers , où elles ne se décomposent pas tou-jours , d’où il arrive que , portées aux champs ,elles y lèvent et infestent les récoltes , il vau-droit mieux les répandre sur des terreins qu’ony consacreroit, afin de procurer de la pâture aubétail. Dans beaucoup de pays , sans doute , onn’a point de terrein pour cet usage ; mais il yen a d’autres où il s’en trouve, par exemple à laqueue des étangs , quand la vase est à décou-vert. Ce qui ne serviroit pas de ces mélangesainsi semés, pour la pâture du bétail, empêche-roit les mauvais effets des gaz délétères quis’élèvent de ces vases , en les absorbant parleur végétation , et serviroit encore , quand l’é-tang seroit rempli d’eau , pour la nourriture dupoisson.
Notre auteur fait, pour les grains, lamême dis-tinction qu’il a faite pour les prés (voyez note (5),page 584) 5 il appelle grains sauvages, ceux quinaissent spontanément et souvent malgré lessoins qu’on prend pour les détruire , et grainsfrancs, ceux dont le produit est l’effet de laculture. Les farrages sont composés des uns etdes autres de ces grains. ( T . )
Page 5 , 1 , (46) Voyez sur cette orge les notes (38) et
lignel o 11 ’ (4 2 ) du second Lieu , pages 177 et 178.
On donne ce vert d’orge aux jeunes chevaux,auxquels il est fort utile , sur-tout lorsqu’ils ontété mis trop tôt à la nourriture sèche. Il facilitesingulièrement la sortie des dents de cheval ,retardée par un régime aussi peu naturel : lerelâchement et l’humidité générale qu’il pro-cure à toute la machine, en facilitent aussi le dé-veloppement , également retardé par un travailtrop précoce. Il rend bien moins dangereux tousles accidens qui accompagnent ou qui suivent
j la gourme , lorsque son emploi précède cettemaladie.
Il convient également aux chevaux échauffésou fatigués par un travail trop considérable ; àceux qu 'Olivier de Serres appelle recrus ; à lasuite des maladies inflammatoires; aux chevauxdégoûtés et qui maigrissent sans cause appa-rente. On ne peut se dissimuler que , dans cecas , il agit comme les eaux minérales dansl’homme ; le repos qu’il procure est souvent leremède le plus efficace.
Autant le vert de prairie est avantageux à lasuite et pendant le traitement d’une foule demaladies chroniques , autant le vert d’orge estdangereux dans un grand nombre. Il ne convientdans presqu’aucune maladie de la poitrine. J’aivu très-souvent des flux chroniques par les na-seaux , se terminer par la morve, après quelquesjours de ce vert; je l’ai vu, aussi, rendre incu-rables des digestions viciées , et les chevauxse vider , après son usage , de manière à êtrepromptement exténués et absolument hors deservice. Il donne aux ulcères farcineux, au malde garot , à la taupe , etc., un mauvais carac-tère, une suppuration sanieuse, fétide. Il est ,en général , contraire aux chevaux poussifs età ceux qui sont trop avancés en âge : il paroitremettre ceux-ci dans l’embonpoint ; mais cetembonpoint n’est que factice : ils dépérissentpromptement , et presque toujours sans res-sources , lorsqu’ils sont remis au travail. Lesmaquignons employent quelquefois ce moyen ,et les chevaux , ainsi rétablis temporairement,sont appelés refaits.
On donne ce vert à l’écurie, pendant un moisou six semaines , selon la cause qui en a dé-terminé l’usage. On le fauche avant qu’il aitépié ; quand l’épi est sorti du fourreau , il de-vient trop substantiel, trop nourrissant, et ilprovoque alors la fourbure. On a soin de le cou-per le matin, avant que la rosée soit dissipée ; etquels que soient les principes que contient celle-ci , il est certain qu’il purge mieux et provoqueune plus grande abondance d’urine que celuicoupé quand la rosée est évaporée. On le dis-tribue continuellement à l’animal, poignée àpoignée, à mesure qu’il le mange ; et on s’arrête,lorsqu’il le refuse , pour recommencer quelque