DES FILATURES. 81
se tord, il glisse par le trou de la broche et sur la dent de l'épin-glier, et l’entortille sur la bobine.
276. La {lieuse a devant elle sa mouillette, et elle humecteson fil quand cela est nécessaire. Elle fait passer ce fil d’une dentde l’épinglier à la suivante, et ainsi de suite, afin de le l’épandreégalement sur toute la cavité de la bobine; quand elle est par-venue à la dernière dent, elle rétrograde et revient à la première,en passant successivement par chacune des dents intermé-diaires.
277. Jetons rapidement un coup d’œil sur les procédés defilature en usage en Flandre, pour produire ce fil si fiu, si dé-licat, si précieux, qui est destiné à former les dentelles et lespoints.
Cette filature se fait sur un rouet, qui est mis en mouvementà la main, l’expérience ayant démontré qu’un rouet à pédaletourne avec trop de rapidité, d’où il résulte que le fil devientcassant par un excès de torsion.
278. La quenouille est un roseau, ou bâton léger d’environtrois pieds de long , fourchu par le haut; il est renflé auxdeux tiers de sa longueur, de manière que le renflement dimi-nue par degrés , et finit au bout le plus près duquel il com-mence; ce bout est percé vers la pointe, pour recevoir un ru-ban , dont nous indiquerons la destination.
279. Le lin est disposé par petits cordons. On étend un deces cordons sur une table, on l’aplatit en le tirant sur sa largeur ;quand il est bien aminci, on pose, sur l’un des deux côtés élargi,le bout renflé de la quenouille, de manière qu’elle soit couchéelongitudinalement sur la longueur des brins de lin ; on tournedoucement cette quenouille, on roule dessus le lin, qu’on main-tient ensuite à l’aide du ruban qu’on place en spirale, et qu’onserre un peu moins par en bas que vers le haut : si dans cette
Des Machines propres à confectionner les étoffes. 11