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partie la longueur des brins excède le bout de la quenouille, onles replie légèrement sur elle ; et, du bout de ruban qui resteaprès qu’on la arrêté en bas, on enveloppe ces bouts en hautpour les conserver propres, sans danger d elre rompus ni mêlés.La filasse , roulée de cette manière, a la forme d’un cône, dontla pointe est à la partie supérieure de la quenouille, qui, ainsichargée, se place à la ceinture au coté gauche, ou dans une mor-taise pratiquée à dessein au bras mouvant d’un rouet fixé sur satable, aux poupées ou ailleurs.
280. En certains endroits de la Flandre, la quenouille n’estqu’un simple bâton fendu par le haut ; on introduit dans cettefente l’extrémité du cordon de lin très-fin, qui pend de toute sa lon-gueur sur la quenouille , et qui y est maintenu par un ruban. Lebâton n’est attaché ni au rouet ni au coté de la fileuse, mais fi-ché en terre verticalement.
281. On place le rouet devant soi, la manivelle à portée de lamain droite, et la quenouille près de la gauche, qui doit pouvoir,sans gêne, en tirer la filasse. L’ouvrière, prenant un peu de cettefilasse, la tord entre ses doigts, en forme un bout de fil qu’elle at-tache à la bobine, le faisant passer sur une dent de l’ailelte, etdans l’œillet de la broche qui la porte ; alors , tournant la ma-nivelle , elle continue de tirer la filasse en portions égales , et àtourner d’un mouvement léger, doux et régulier.
282. Deux ou trois brins de lin suffisent pour la grosseur dufil; la fileuse les sépare avec le médius, les tord avec le pouce etl’index, quelle mouille avec sa salive, ou avec un peu d’eau con-tenue dans un vase adapté au rouet. La beauté et la qualité dufil dépendent, en grande partie, des soins et de la dextérité dela fileuse.
283. Les beaux fils de Flandre se fabriquent dans des cellierset autres lieux humides, à l’abri des agitations de l’air ; les fi-